Face à une crise sanitaire grandissante, le gouvernement indien prépare une réglementation stricte visant à limiter la vente de produits trop gras, salés ou sucrés dans un rayon de 50 mètres autour des établissements scolaires. Cette mesure, qui concerne potentiellement 1,5 million d'écoles, marque une volonté politique forte de réguler l'offre alimentaire industrielle dans un pays où les produits ultra-transformés sont devenus omniprésents et extrêmement abordables.
Une réponse à l'explosion de l'obésité infantile
Le pays fait face à une transition alimentaire rapide qui impacte directement la santé des jeunes. Selon la Fédération mondiale de l'obésité, le nombre d'enfants et d'adolescents indiens en surpoids ou obèses a bondi de 28 millions en 2015 à 41 millions en 2025. Si aucune mesure n'est prise, ces projections pourraient atteindre 56 millions d'ici 2040. Cette tendance est corrélée à la prolifération de produits industriels à bas prix, tels que les sodas, chips et pizzas, dont certains sont accessibles pour quelques dizaines de centimes d'euro.
Le défi du contrôle et de l'application
L'Autorité indienne de sécurité et de normalisation des aliments (FSSAI) a défini des seuils nutritionnels stricts pour identifier les produits visés par ces restrictions. Dans l'État du Maharashtra, des mesures similaires sont déjà en phase de test : les autorités y ont ordonné la fermeture de 51 commerces en infraction. La difficulté majeure réside dans la densité urbaine, où les écoles sont souvent imbriquées dans des zones commerçantes actives. Les autorités locales soulignent qu'une interdiction totale de vente dans ce périmètre est plus simple à contrôler qu'une restriction ciblée sur les seuls mineurs.
Tensions entre santé publique et intérêts économiques
Le projet suscite de vives inquiétudes au sein du secteur de la distribution. La Confédération indienne du commerce et de l'industrie alimentaires craint des pertes de revenus significatives pour les petits commerçants, dont le chiffre d'affaires pourrait chuter d'un tiers selon certaines estimations. De leur côté, les autorités sanitaires espèrent que cette pression réglementaire incitera les industriels à reformuler leurs recettes pour réduire les taux de sel, de sucre et de graisses, suivant ainsi l'exemple du Chili. Ce pays, pionnier en la matière, a observé une baisse de la prévalence du surpoids chez les jeunes après avoir imposé des restrictions similaires et des avertissements nutritionnels clairs.