La filière oléicole tunisienne confirme son rôle stratégique dans l'économie nationale en générant 3,76 milliards de dinars sur les huit premiers mois de 2026. Cette performance notable permet d'atténuer les pressions sur la balance commerciale du pays, alors que le secteur agroalimentaire demeure le seul segment à dégager un solde positif.
Une performance portée par l'agroalimentaire
L'agriculture, pilier essentiel de l'économie tunisienne, représente 10 % du PIB et emploie 15 % de la population active. Sur la période allant de janvier à août 2026, les exportations d'huile d'olive ont été le moteur principal d'une hausse de 20,8 % des recettes agroalimentaires. Ce dynamisme a permis au secteur de dégager un excédent de 983,1 millions de dinars, offrant un contrepoids nécessaire aux difficultés économiques actuelles du pays.
Le poids croissant du déficit énergétique
Malgré la progression des exportations globales de 8 %, atteignant 44,67 milliards de dinars, le déficit commercial s'est creusé pour s'établir à 17,8 milliards de dinars, contre 14,6 milliards sur la même période en 2025. Ce déséquilibre est largement imputable à la facture énergétique, qui pèse à elle seule 8,9 milliards de dinars dans le déficit global. En conséquence, le taux de couverture des importations par les exportations a reculé à 71,4 %.
Diversification et mutations des échanges extérieurs
La structure des échanges tunisiens révèle des disparités sectorielles marquées. Si les industries mécaniques et électriques ainsi que les produits énergétiques raffinés progressent, les exportations de phosphates et de textile-habillement accusent un repli respectif de 12 % et 4,8 %. Parallèlement, les importations de produits alimentaires et énergétiques ont connu une hausse significative.
Sur le plan géographique, l'Union européenne demeure le partenaire commercial privilégié, absorbant plus de 70 % des exportations tunisiennes. Toutefois, les flux évoluent : le pays enregistre une dynamique positive vers l'Égypte et l'Arabie saoudite, tandis que les échanges avec ses voisins maghrébins — Maroc, Algérie et Libye — affichent une tendance baissière. À l'inverse, la dépendance aux importations en provenance de Turquie, d'Inde et de Chine s'intensifie, soulignant les nouveaux enjeux de la stratégie commerciale tunisienne.