Le Sénégal s'apprête à franchir une étape décisive dans sa stratégie de financement climatique avec le lancement officiel de sa Taxonomie verte, prévu pour le 19 octobre prochain. Ce référentiel, élaboré avec l'appui technique de la GIZ, vise à instaurer un langage commun pour identifier les activités économiques réellement durables et canaliser les flux financiers vers des projets à faible impact environnemental.
Un outil de transparence contre le greenwashing
Loin d'être une nouvelle taxe fiscale, la Taxonomie verte sénégalaise se présente comme un système de classification rigoureux. Son objectif premier est de garantir la transparence des investissements en permettant aux acteurs financiers de comparer objectivement la performance environnementale des projets. En définissant des critères stricts de durabilité, le pays entend prévenir le « greenwashing » — ces déclarations environnementales trompeuses — et sécuriser la réputation des entreprises engagées dans une transition réelle.
Priorités sectorielles pour la transition nationale
Ce cadre normatif intervient alors que le Sénégal, engagé dans sa troisième Contribution Déterminée au niveau National (CDN), affiche un besoin de financement estimé à 13 milliards de dollars. Pour répondre à cet enjeu, la taxonomie cible des secteurs stratégiques où le potentiel de décarbonation et d'adaptation est le plus élevé. Sont concernés l'énergie, l'agriculture, la pêche, la foresterie, l'élevage, l'industrie, ainsi que la gestion de l'eau, des déchets, le transport et la construction durable.
Une dynamique régionale d'alignement financier
Le Sénégal rejoint ainsi un cercle restreint de nations africaines pionnières en la matière, aux côtés de l'Afrique du Sud et du Rwanda, tandis que la Côte d'Ivoire a déjà franchi ce cap en avril 2025. Ce déploiement s'inscrit dans une volonté plus large d'accéder aux fonds verts internationaux dédiés aux pays en développement. En structurant son marché financier autour de standards écologiques clairs, le pays espère non seulement attirer des capitaux privés, mais aussi renforcer sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds internationaux dans la lutte contre le changement climatique.