Le pétrole africain — richesse du sol, misère du peuple

Le pétrole africain — richesse du sol, misère du peuple

Sous le sol du Nigeria, du Gabon, du Congo-Brazzaville, de l'Angola et de la Guinée équatoriale reposent des milliards de barils de pétrole. Ces pays auraient dû être parmi le...

Rédaction KUMBA 3 min de lecture
Sous le sol du Nigeria, du Gabon, du Congo-Brazzaville, de l'Angola et de la Guinée équatoriale reposent des milliards de barils de pétrole. Ces pays auraient dû être parmi les plus riches du monde. Ils figurent parmi les plus inégalitaires. Ce paradoxe n'est pas une fatalité : c'est un vol organisé.

Le piège pétrolier africain

Depuis les indépendances des années 1960, les compagnies pétrolières occidentales — Shell, Total, ExxonMobil, Chevron — ont opéré sur le continent avec une liberté coloniale. Les contrats signés dans les années 1970-1990 accordaient aux multinationales entre 80 et 90 % des revenus pétroliers, laissant aux États africains des miettes. Le Nigeria, premier producteur africain avec près de 2 millions de barils par jour, importe pourtant encore du carburant raffiné à l'étranger. La raffinerie de Port Harcourt, capable de traiter 210 000 barils par jour, tourne à moins de 20 % de sa capacité depuis des décennies — faute de maintenance, faute de volonté, faute de souveraineté.

Les mécanismes du pillage contemporain

Le pillage ne se fait plus par la force brutale. Il se déguise en « partenariat », en « investissement », en « aide au développement ». Les clauses de stabilisation dans les contrats pétroliers interdisent aux États de modifier leur législation fiscale pour augmenter leur part. Les tribunaux d'arbitrage internationaux — basés à Washington ou à Paris — condamnent les gouvernements africains qui osent renforcer leur souveraineté économique. Les paradis fiscaux — îles Caïmans, Luxembourg, îles Vierges britanniques — absorbent les bénéfices avant qu'ils ne soient taxés. L'Afrique perd ainsi chaque année environ 89 milliards de dollars en flux financiers illicites, dont une large part provient de l'industrie extractive.

La résistance est possible

Le Venezuela a nationalisé son pétrole. La Norvège a créé un fonds souverain qui dépasse 1 000 milliards de dollars. L'Afrique peut et doit faire de même. Plusieurs signaux d'espoir existent : le Ghana a renforcé sa réglementation petolière, le Sénégal négocie des contrats plus favorables pour ses dépôts de gaz, la Tanzanie a obtenu une révision des accôrds sur ses ressources. Mais cela ne suffit pas. Il faut une révolution des codes miniers et pétroliers à l'échelle continentale.

Le pétrole doit servir l'Afrique

Chaque baril extrait du sol africain devrait financer des hôpitaux, des universités, des routes, des industries de transformation locale. La dignité des peuples africains ne sera pas négociée dans les salles de conférence de Londres ou de Paris. Elle se construira ici, sur le continent, par des gouvernements qui auront enfin le courage de reprendre ce qui appartient aux peuples. La ressource est là. La volonté politique reste à conquis.
Newsletter

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.