Face à une chute marquée des rendements agricoles causée par les aléas climatiques, le groupement Les Mousquetaires annonce une série de mesures pour soutenir la production française. Cette stratégie repose notamment sur la commercialisation de fruits et légumes dits « moches », dont le calibre ne répond pas aux standards habituels, afin de limiter le gaspillage et de stabiliser les prix en rayon.
Le retour des calibres imparfaits en rayon
Le président du groupement, Thierry Cotillard, a officialisé le lancement de l'opération « Petits calibres, gros soutien ». Cette initiative vise à intégrer dans les circuits de distribution des produits agricoles qui auraient été écartés en raison de leur aspect visuel ou de leur taille réduite. En acceptant ces denrées, l'enseigne cherche à écouler les récoltes affectées par les récentes canicules tout en garantissant un débouché aux agriculteurs locaux. Pour rendre ces produits attractifs, le distributeur prévoit de réduire ses marges sur ces références spécifiques.
Anticipation d'une nouvelle vague inflationniste
Au-delà de la gestion des stocks, la direction d'Intermarché exprime une vive inquiétude concernant l'évolution des prix alimentaires pour le mois de mars prochain. Le secteur anticipe une crise structurelle touchant non seulement les fruits et légumes, mais également les filières du lait et de la viande. Cette pression inflationniste est exacerbée par des facteurs exogènes, notamment les tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui impactent directement le coût des intrants, comme le plastique, dont le prix a déjà progressé de 15 % en raison des perturbations dans le détroit d'Ormuz.
Appel à la transparence des industriels
Dans ce contexte de fragilité économique, le distributeur appelle les industriels de l'agroalimentaire à la modération lors des prochaines négociations commerciales. Thierry Cotillard pointe du doigt le manque de transparence de certaines multinationales sur la formation de leurs prix. Le groupement affirme vouloir maintenir une vigilance accrue sur les marges des fournisseurs, tout en soulignant que la résilience du système alimentaire français dépendra de la capacité de chaque maillon de la chaîne à absorber les chocs climatiques et logistiques actuels.