Un ferry surchargé a sombré mardi dans le lac Kariba, à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie, faisant au moins 72 morts. Les secours continuent leurs recherches, craignant un bilan encore plus lourd.
Les faits essentiels
Le bilan du naufrage du ferry exploité par l’Agence gouvernementale pour le développement des infrastructures rurales (RIDA) s’est alourdi à 72 morts après la récupération de 25 nouveaux corps samedi. Les recherches se poursuivent, les autorités redoutant un nombre encore plus élevé de victimes. Le navire, autorisé à transporter 90 personnes, comptait 114 adultes, cinq membres d’équipage et un nombre indéterminé d’enfants au moment du drame. Au total, 77 personnes ont été secourues, portant à au moins 149 le nombre de personnes à bord.
Le ferry a chaviré mardi dans des eaux agitées, un accident rare sur ce lac artificiel, l’un des plus meurtriers de l’histoire du Zimbabwe. Les rescapés ont décrit des scènes de panique : des passagers, incapables d’utiliser correctement les gilets de sauvetage, se sont retrouvés piégés alors que le bateau sombrait. Les corps récupérés sont en cours d’identification, tandis que des centaines de proches se pressent à l’hôpital de Kariba pour reconnaître leurs défunts.
Pourquoi c'est important
Ce drame soulève des questions majeures sur la sécurité maritime et la gestion des infrastructures au Zimbabwe. L’exploitation d’un ferry surchargé, malgré une capacité légale clairement dépassée, révèle des lacunes dans le contrôle des navires et la formation des équipages. Le lac Kariba, plus grand lac artificiel du monde, est une voie navigable stratégique pour les communautés riveraines, dépendantes du transport de marchandises et de passagers. La tragédie met en lumière les risques encourus par les populations locales, souvent contraintes de prendre des moyens de transport non sécurisés faute d’alternatives.
Par ailleurs, l’accident intervient dans un contexte où les autorités zimbabwéennes multiplient les projets d’infrastructures, mais peinent à garantir leur sûreté. La surcharge des bateaux, couplée à des conditions météorologiques défavorables, expose les usagers à des dangers évitables. Ce naufrage pourrait ainsi accélérer les pressions pour renforcer les réglementations maritimes et améliorer les protocoles d’urgence.
Ce qu'il faut surveiller
Les prochaines heures seront cruciales : les autorités n’ont pas encore déterminé le nombre exact d’enfants parmi les victimes, ni précisé les causes exactes du chavirage. Les enquêtes en cours devront établir si la surcharge, une défaillance technique ou une erreur humaine est à l’origine de la catastrophe. Par ailleurs, la gestion des corps et l’accompagnement des familles endeuillées seront un défi logistique et émotionnel pour les services locaux.
Sur le plan politique, ce drame pourrait relancer le débat sur la responsabilité de l’État dans la gestion des infrastructures publiques. Les associations de défense des droits des passagers pourraient exiger des audits indépendants sur la sécurité des ferries et des mesures concrètes pour éviter de nouvelles tragédies. Enfin, la communauté internationale pourrait être appelée à soutenir le Zimbabwe dans l’amélioration de ses normes maritimes, notamment si des lacunes structurelles sont confirmées.