Une étude commandée par l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT) met en lumière les contradictions qui freinent le développement de la région de Ziguinchor : d’importantes ressources naturelles côtoient un isolement géographique persistant, une faible transformation des productions agricoles et un secteur informel dominant.
Ressources locales sous‑exploitées
Le rapport souligne que la zone possède plusieurs milliers d’hectares de terres cultivables et près de 850 kilomètres de littoral, des atouts qui pourraient soutenir la création de richesses et d’emplois. Pourtant, la plupart de ces potentialités restent confinées à la production primaire, sans chaîne de valeur ajoutée suffisante pour dynamiser l’économie régionale.
Enclavement : un obstacle structurel aux investissements
L’enclavement, lié à l’absence de corridors routiers et ferroviaires directs vers le reste du pays, limite la compétitivité des produits locaux et décourage les investisseurs. Le manque d’infrastructures de transport augmente les coûts logistiques, réduit la capacité des entreprises à accéder aux marchés nationaux et internationaux, et contribue à la prédominance du secteur informel, qui opère en marge des cadres réglementaires et fiscaux.
Le PACE comme levier de redressement
Dans le cadre du Programme d’accélération et de compétitivité de l’emploi (PACE), l’ANAT a présenté ses conclusions lors d’un atelier de restitution à Sédhiou, couvrant les territoires de Sédhiou, Ziguinchor et Kolda. L’objectif déclaré est d’aider les entreprises à réorganiser leurs activités face aux contraintes d’isolement, en favorisant la structuration des chaînes de production et en stimulant les investissements ciblés sur la transformation agro‑alimentaire.
Priorités pour relancer la dynamique régionale
Le diagnostic recommande d’accroître les investissements dans les infrastructures de transport, de soutenir la création d’unités de transformation agro‑industrielle et de formaliser le secteur informel par des incitations fiscales et des programmes de formation. En renforçant la capacité des entreprises locales à valoriser les productions agricoles, la région pourrait mieux exploiter son littoral et ses terres, générer davantage d’emplois décents et réduire la dépendance à l’économie informelle.