Vingt-quatre ans après le naufrage du Joola, qui a coûté la vie à 1 863 personnes, la ville de Ziguinchor réaffirme son exigence de justice et de sécurité. Le maire Djibril Sonko a profité de la commémoration annuelle pour interpeller les autorités nationales sur la nécessité de transformer le devoir de mémoire en actions publiques tangibles, allant du renflouement de l'épave au désenclavement structurel de la Casamance.
Le renflouement du navire comme impératif mémoriel
Au cœur des revendications figure la récupération des reliques du Joola, un projet porté par les familles des victimes et les rescapés. Pour l'édile, le renflouement du navire n'est pas seulement une question symbolique, mais une étape indispensable pour la construction du mémorial-musée. Cette démarche vise à honorer la mémoire des disparus tout en rappelant les défaillances critiques des secours, survenues en 2002, afin d'éviter que de telles tragédies ne se reproduisent par négligence des normes de sécurité et de surcharge.
L'urgence de la réhabilitation du pont Émile Badiane
Au-delà du souvenir, la sécurité des infrastructures actuelles inquiète les autorités locales. Le pont Émile Badiane, dont la dégradation avancée menace la connectivité de la région, est devenu un point de tension majeur. Bien que les procédures administratives et budgétaires soient théoriquement finalisées, le démarrage effectif des travaux reste suspendu à des marges de manœuvre financières. Cette lenteur suscite une vive impatience au sein de la population, illustrée par les tentatives de mobilisation citoyenne pour dénoncer l'état critique de cet ouvrage vital.
Désenclavement et relance économique de la Casamance
Djibril Sonko a élargi son plaidoyer aux besoins structurels de la Casamance, appelant à une accélération du désenclavement routier, aérien et maritime. Le maire insiste sur la nécessité d'un accompagnement renforcé pour les populations déplacées et sur la mise en œuvre de projets agricoles, notamment l'agropole, pour stimuler l'économie locale. Enfin, la sécurisation du territoire par l'intensification des opérations de déminage demeure une condition sine qua non pour garantir un retour durable des populations et favoriser le développement socio-économique de la région.