Le président zambien Hakainde Hichilema a officiellement lancé son deuxième mandat ce 1er septembre, promettant de transformer la stabilisation économique du pays en une croissance inclusive. Pourtant, son investiture survient dans un contexte de fractures politiques, où l’opposition dénonce un recul démocratique et une justice instrumentalisée.
Un mandat sous le signe de la croissance économique
Avec 60,5 % des voix selon les résultats officiels, Hichilema a été réélu en août dernier, un scrutin que l’opposition qualifie de non transparent. Le chef de l’État a désormais pour objectif de passer d’une phase de stabilisation à une dynamique de développement partagé, notamment en relançant les secteurs clés comme l’agriculture et les mines. Son programme prévoit aussi des réformes structurelles pour attirer les investissements étrangers, alors que le pays fait face à une dette publique élevée et à des défis sociaux persistants.
L’opposition en prison et les accusations de dérive autoritaire
Le principal rival de Hichilema, Brian Mundubile, est actuellement incarcéré sous l’accusation de trahison, un dossier que ses partisans considèrent comme une manœuvre politique pour l’écarter de la scène publique. Plusieurs formations de l’opposition ont dénoncé une instrumentalisation de la justice, craignant une restriction des libertés et un durcissement du régime. Ces tensions rappellent les crises post-électorales de 2016 et 2021, où des violences et des arrestations avaient émaillé le processus démocratique.
Un équilibre fragile entre stabilité et libertés
Si Hichilema mise sur sa légitimité électorale pour gouverner, la situation politique reste fragile. Les observateurs soulignent que la crédibilité de son second mandat dépendra de sa capacité à apaiser les tensions et à garantir un espace politique pluraliste. La communauté internationale, qui avait salué sa victoire en 2021, surveillera de près l’évolution des droits civiques et la gestion des conflits politiques. Pour l’opposition, la question n’est plus seulement économique, mais bien celle de la survie de la démocratie en Zambie.