Le président sortant zambien Hakainde Hichilema a été réélu avec 60 % des voix, mais son scrutin de 2024 reste marqué par des irrégularités et des tensions politiques. La victoire, annoncée le 18 août, intervient dans un contexte de restrictions présumées de l'espace démocratique et de confusion autour du dépouillement. Les résultats partiels, bien que confirmant une large avance, laissent planer des doutes sur la transparence du processus.
Les faits essentiels
Hakainde Hichilema, en fonction depuis 2021, a remporté l'élection présidentielle zambienne avec 60 % des suffrages, selon les chiffres officiels publiés par la commission électorale le 18 août. Son principal adversaire, Brian Mundubile, ancien ministre sous Edgar Lungu, a obtenu près de 38 % des voix. Cinq circonscriptions sur 226 restent à dépouiller, mais la présidente de la commission électorale, Mwangala Zaloumis, a minimisé leur impact sur le résultat final.
Le scrutin du 13 août a été émaillé de controverses : suspension temporaire du dépouillement pour des raisons de violences, arrestations de figures de l'opposition avant et après le vote, et accusations croisées entre le gouvernement et l'opposition sur l'origine de ces opérations. Les partis d'opposition et la société civile avaient préalablement alerté sur un rétrécissement de l'espace politique.
Pourquoi c'est important
Cette réélection consacre la poursuite du mandat de Hichilema, dont le premier quinquennat a été marqué par une reprise économique après des années de difficultés budgétaires. Le scrutin était perçu comme un référendum sur sa gestion, mais les irrégularités signalées risquent de fragiliser la crédibilité des institutions électorales. Les arrestations d'opposants, notamment autour du vote, soulèvent des questions sur l'équité du processus et la liberté d'expression en Zambie.
La confusion autour du dépouillement et les tensions pré- et post-électorales rappellent les défis persistants pour la démocratie en Afrique australe, où les alternances pacifiques restent rares. La stabilité politique du pays, souvent citée en exemple, pourrait être mise à l'épreuve par ces événements.
Ce qu'il faut surveiller
Les cinq circonscriptions encore en cours de dépouillement pourraient, malgré les assurances de la commission, révéler des écarts significatifs ou des contestations locales. Les réactions des partis d'opposition, notamment celui de Brian Mundubile, seront déterminantes pour évaluer la légitimité perçue du résultat.
Par ailleurs, les enquêtes sur les arrestations d'opposants et les circonstances de la suspension du dépouillement devront être suivies de près. Une clarification officielle sur ces points pourrait apaiser les tensions, tandis qu’un manque de transparence risquerait d’alimenter les suspicions de manipulation.
Enfin, l’impact de cette élection sur la politique économique de Hichilema, déjà saluée pour sa reprise, sera à observer : une gouvernance contestée pourrait freiner les réformes en cours et affecter la confiance des investisseurs.