Le Dr Zakaria Sawadogo incarne une nouvelle génération de chercheurs africains qui placent la gouvernance et la sécurité au cœur du développement technologique. À travers ses travaux académiques et son engagement dans les politiques publiques, il souligne l'impératif pour le continent de ne pas seulement consommer l'intelligence artificielle, mais d'en définir les règles et les usages.
De la recherche fondamentale à la cybersécurité
Fort d'un doctorat obtenu entre l'Université Joseph Ki-Zerbo et l'Université Gaston Berger, Zakaria Sawadogo a bâti une expertise reconnue internationalement dans le domaine de l'intelligence artificielle appliquée. Ses travaux, récompensés par plusieurs prix scientifiques, se concentrent sur l'utilisation du machine learning pour la détection des menaces informatiques. Son passage au Cyber Assurance Lab de l'Université de Greenwich a renforcé ses compétences sur la résilience des systèmes connectés, un enjeu critique pour la sécurité des infrastructures numériques en Afrique.
Adapter l'innovation aux réalités locales
Au-delà de la sécurité, le chercheur s'est très tôt intéressé à l'inclusion numérique. Dès 2018, il a exploré des solutions technologiques adaptées aux contextes africains, notamment via la traduction automatique pour les langues locales faiblement dotées ou l'usage de la blockchain pour sécuriser les services financiers mobiles. Cette approche démontre une volonté de concevoir des outils qui répondent aux contraintes spécifiques des sociétés africaines, plutôt que de simplement importer des modèles conçus ailleurs.
L'interface entre science et décision publique
La singularité du parcours de Zakaria Sawadogo réside dans sa capacité à traduire la recherche scientifique en recommandations pour les décideurs. En tant que consultant pour des institutions comme Enabel, il accompagne la mise en place de cadres de protection des données et de transformation numérique responsable. Son engagement de longue date au sein de l'Internet Society et du Forum sur la gouvernance de l'Internet au Burkina Faso témoigne de sa volonté de décloisonner les savoirs pour impliquer la société civile et les administrations dans les débats sur les droits numériques.
Transmettre pour bâtir une autonomie technologique
Désormais enseignant-chercheur à l'École Polytechnique de Ouagadougou, il consacre une part importante de son activité à la formation de la prochaine génération d'ingénieurs et de chercheurs. Pour lui, la souveraineté technologique du continent dépend de sa capacité à former des experts capables de maîtriser simultanément les enjeux techniques et les implications sociales de l'IA. Cette transmission est présentée comme le levier indispensable pour que l'Afrique puisse peser durablement sur les normes technologiques mondiales.