Le rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 par l'Assemblée nationale a déclenché une vive réaction de l'ancienne ministre Zahra Iyane Thiam. Elle dénonce une crise institutionnelle profonde, marquée par des tensions persistantes entre l'exécutif et le législatif, tout en pointant du doigt une gestion des priorités nationales qu'elle juge défaillante.
Un blocage institutionnel entre l'exécutif et le législatif
Zahra Iyane Thiam s'inquiète de la rhétorique conflictuelle qui s'est installée entre les différentes branches du pouvoir. Elle souligne une contradiction flagrante dans les discours : alors que les députés de Pastef reprochaient précédemment au Président des manœuvres d'obstruction, c'est désormais le ministère des Finances qui renvoie cette même accusation vers l'Assemblée nationale. Pour l'ancienne ministre, ce cycle d'accusations réciproques illustre un « naufrage institutionnel » qui paralyse le fonctionnement normal de l'État.
Critique de l'agenda présidentiel et gouvernemental
Au-delà de la dimension budgétaire, l'ancienne responsable gouvernementale fustige l'agenda actuel du chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko. Elle conteste la pertinence des déplacements présidentiels sur les sites des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), estimant que les urgences nationales exigent une attention différente. Parallèlement, elle critique les activités publiques du Premier ministre, qu'elle juge en décalage total avec les préoccupations quotidiennes des citoyens sénégalais.
Le spectre de 2029 et l'interpellation des électeurs
Dans sa charge, Zahra Iyane Thiam invite les citoyens à une réflexion sur le choix politique effectué en 2024, qu'elle oppose à la trajectoire économique suivie par le pays depuis 2012. Face à ce qu'elle qualifie d'enlisement de la situation nationale, elle projette le débat vers l'échéance électorale de 2029. Bien que cette date semble lointaine, elle appelle à une résilience collective pour « redresser la barre » et corriger la trajectoire actuelle du pays, soulignant l'importance de la patience et de la vigilance citoyenne dans ce contexte de crise politique.