Yusuf Datti Baba-Ahmed, ancien candidat à la vice-présidence pour le Parti travailliste, a vivement critiqué l'héritage de l'administration de l'ex-président Muhammadu Buhari. Dans une analyse centrée sur les défis de gouvernance, il soutient que la corruption endémique a non seulement compromis les résultats du précédent mandat, mais qu'elle constitue également une menace directe pour la réussite des réformes économiques engagées par le gouvernement actuel.
Le poids de la corruption sur les réformes économiques
Interrogé sur les politiques menées par le président Bola Tinubu, notamment la suppression des subventions sur les carburants et l'unification du marché des changes, Datti Baba-Ahmed a exprimé un scepticisme marqué. Selon lui, la qualité intrinsèque d'une mesure économique importe peu si le système est gangrené par des pratiques illicites. Il affirme que toute politique publique, aussi ambitieuse soit-elle, est vouée à l'échec si elle est appliquée dans un environnement où la corruption reste le moteur principal de l'administration.
Un bilan critique de l'ère Buhari
L'ancien candidat a qualifié l'administration Buhari de gouvernement le plus corrompu et immoral que le Nigeria ait connu. Pour Datti Baba-Ahmed, cet état de fait explique l'échec spectaculaire des promesses de développement de l'ancien chef d'État. Il souligne que cette défaillance systémique ne se limite pas à la gestion économique, mais s'étend à l'intégrité des processus démocratiques du pays.
La controverse des élections de 2023
Au-delà des questions économiques, Datti Baba-Ahmed a remis en cause la sincérité du scrutin présidentiel de 2023. Il accuse l'administration sortante d'avoir failli à sa promesse d'organiser des élections libres et transparentes. Il pointe notamment du doigt des irrégularités techniques lors de la transmission des résultats, affirmant que le système électronique de centralisation des données (IREV) a été désactivé le jour du vote, forçant un retour à des saisies manuelles qu'il juge contraires à la Constitution.
Un avertissement pour l'administration Tinubu
En rappelant son expérience en tant que colistier de Peter Obi lors du dernier scrutin, Datti Baba-Ahmed insiste sur le fait que le gouvernement actuel perd son temps s'il ne s'attaque pas prioritairement à l'assainissement des institutions. Pour l'opposant, la corruption agit comme un filtre qui neutralise toute tentative de redressement national, rendant les efforts de réforme actuels inopérants tant que les structures de gouvernance ne seront pas profondément réformées.