La commune de Yoff, au Sénégal, lance un fonds de 30 millions de FCFA pour soutenir huit projets climatiques portés par des jeunes âgés de 15 à 24 ans. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Fonds d’action climatique pour les jeunes (Ycaf), financé par Bloomberg Philanthropies, et vise à transformer les défis environnementaux locaux en solutions concrètes.
Un financement international pour des solutions locales
Yoff fait partie des 300 collectivités territoriales bénéficiaires du Ycaf, un programme qui alloue 50 000 dollars (environ 30 millions de FCFA) à des projets portés par des jeunes. Contrairement à une approche traditionnelle où les jeunes sont perçus comme des bénéficiaires passifs, cette initiative les place au cœur de la conception et de la mise en œuvre des solutions. Le maire Seydina Issa Laye Sambe souligne que cette démarche permet de « rompre avec une conception de la jeunesse limitée au rôle de bénéficiaire » et de faire d’eux des « acteurs, concepteurs et leaders » de l’action climatique.
Des projets ciblés sur les défis environnementaux de Yoff
Les huit projets sélectionnés devront répondre aux enjeux spécifiques de la commune, parmi lesquels l’érosion des terres, la pollution de l’eau, la gestion des déchets et la dégradation des espaces verts. Fatimata Sy, représentante du Ycaf, insiste sur l’importance de s’appuyer sur les problèmes quotidiens des jeunes pour construire des réponses adaptées. « Nous voulons qu’ils identifient les problèmes de leurs quartiers et proposent des solutions locales », explique-t-elle. Le comité d’évaluation privilégiera les initiatives inclusives et à fort impact sur les populations, sans nécessairement rechercher des projets coûteux ou complexes.
Une participation citoyenne renforcée
Au-delà du financement, cette initiative cherche à ancrer durablement la participation des jeunes dans les politiques climatiques locales. Le maire Sambe souligne que l’objectif n’est pas seulement d’apporter un soutien financier, mais de « permettre aux jeunes de devenir des acteurs de la transformation de leur commune ». Cette approche s’aligne sur une tendance croissante en Afrique, où les jeunes sont de plus en plus reconnus comme des leviers essentiels pour l’innovation environnementale et sociale. Les candidatures, ouvertes à des équipes de deux jeunes au moins, seront évaluées par un comité indépendant pour garantir la transparence et l’efficacité des projets retenus.