Face à ce qu'il qualifie d'érosion des libertés démocratiques au Ghana, Yaw Opoku Mensah, porte-parole de l'ancien ministre de l'Éducation, interpelle les institutions morales du pays. Il exhorte le Conseil chrétien et la Maison nationale des chefs à sortir de leur réserve pour dénoncer les abus de pouvoir et les arrestations de voix dissidentes.
L'exigence de redevabilité des institutions morales
Pour Yaw Opoku Mensah, le silence observé par les autorités religieuses et coutumières ne saurait être confondu avec une neutralité politique. Il souligne que ces instances, en tant que garantes de la conscience morale de la nation, ont la responsabilité historique de s'exprimer lorsque les droits fondamentaux des citoyens sont menacés. Selon lui, le refus de prendre position par crainte d'être étiqueté politiquement constitue une forme de trahison envers les principes démocratiques que ces institutions sont censées protéger.
La protection des droits face à l'abus de pouvoir
Le cœur de l'argumentaire repose sur la nécessité de maintenir une vigilance constante vis-à-vis de l'exercice du pouvoir exécutif. M. Mensah pointe du doigt les récentes arrestations de voix critiques comme un signal d'alarme pour l'État de droit. Il insiste sur le fait que les droits humains ne sont pas l'apanage d'une formation politique particulière, mais appartiennent au peuple ghanéen. Par conséquent, l'exigence de redevabilité doit s'appliquer avec la même rigueur, quel que soit le parti au pouvoir.
Les risques pour la stabilité démocratique
L'appel à une « courage moral » lancé par le porte-parole vise à prévenir une dégradation irréversible du climat politique. En omettant de recadrer les dérives autoritaires, ces institutions risquent, selon lui, de fragiliser les fondements mêmes de la démocratie ghanéenne. L'enjeu est clair : sans une voix indépendante capable de rappeler le gouvernement à ses obligations constitutionnelles, le pays s'expose à une crise de confiance institutionnelle majeure. M. Mensah conclut en rappelant que la légitimité de ces organisations dépend de leur capacité à agir en faveur de l'intérêt général, plutôt que de privilégier une prudence jugée complice.