Face aux défis de la transformation économique, Yaw Appiah Lartey, responsable Infrastructure et Projets chez Deloitte Africa, appelle à la création d'une institution financière spécialisée au Ghana. Ce projet vise à offrir aux entreprises locales des solutions de financement à long terme, indispensables pour stimuler les secteurs stratégiques comme l'industrie, le pétrole et le gaz.
Un modèle inspiré par le succès nigérian
Pour soutenir la croissance industrielle, l'expert suggère de s'inspirer de la Bank of Industry (BOI) du Nigeria. Cette institution se distingue par sa capacité à proposer des taux d'intérêt compétitifs, oscillant entre 5 % et 7 %, là où le crédit bancaire classique reste souvent prohibitif pour les acteurs locaux. Selon M. Lartey, une telle structure au Ghana ne viendrait pas remplacer les institutions existantes comme la National Investment Bank ou l'Agricultural Development Bank, mais agirait en complémentarité pour renforcer le maillage financier dédié à l'expansion des PME et des grandes industries.
Le financement comme levier de compétitivité
L'enjeu est de taille : permettre aux entreprises ghanéennes de devenir des acteurs de premier plan, notamment dans le secteur énergétique. En facilitant l'accès à des capitaux stables, le pays pourrait accélérer son industrialisation et réduire sa dépendance aux importations. Cette proposition intervient dans un contexte où le besoin de diversification des instruments financiers est devenu une priorité pour les décideurs économiques cherchant à soutenir durablement le tissu entrepreneurial national.
L'impératif du renforcement des capacités techniques
Toutefois, le financement ne constitue qu'un volet de la stratégie de développement. Yaw Appiah Lartey insiste sur le fait que l'injection de capitaux doit impérativement s'accompagner d'un programme rigoureux de montée en compétences. Pour que les PME locales puissent rivaliser avec les géants internationaux, elles doivent bénéficier d'un transfert de savoir-faire technique et d'un accompagnement opérationnel. Sans cette dimension humaine et technologique, le simple accès au crédit ne suffirait pas à transformer les entreprises locales en champions industriels capables de s'imposer sur les marchés mondiaux.