Le ministère camerounais des Relations extérieures a officiellement exprimé ses inquiétudes auprès de la représentation diplomatique équato-guinéenne à Yaoundé. Cette démarche fait suite à des signalements faisant état de violences et de conditions de détention préoccupantes lors d'opérations de contrôle des titres de séjour menées par les autorités de Malabo.
Une convocation diplomatique sous tension
Le 6 novembre, le Secrétaire général par intérim du ministère camerounais des Relations extérieures a reçu l'ambassadeur de Guinée équatoriale, Armando Kote Echuaca. Cette audience, initiée par le ministre Lejeune Mbella Mbella, visait à obtenir des clarifications sur les récentes campagnes d'interpellation et de rapatriement ciblant les étrangers sur le sol équato-guinéen. Le gouvernement camerounais a formellement soulevé des cas graves, incluant un décès et plusieurs blessés parmi ses ressortissants, tout en dénonçant les conditions de prise en charge des personnes arrêtées.
Le rappel des engagements communautaires
Si Yaoundé reconnaît la souveraineté de la Guinée équatoriale en matière de gestion de ses frontières et de contrôle de l'immigration, le pays insiste sur la nécessité d'un cadre d'action conforme aux traités régionaux. Le Cameroun rappelle à son voisin les dispositions de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Ces accords, qui prônent la libre circulation des personnes et des biens, imposent également aux États membres le respect strict des droits humains et de la dignité des migrants, quel que soit leur statut administratif.
La réponse de la diplomatie équato-guinéenne
Face à ces remontrances, le diplomate Armando Kote Echuaca a pris acte des griefs formulés par les autorités camerounaises. Il s'est engagé à transmettre ces préoccupations à sa hiérarchie à Malabo. Cette séquence diplomatique souligne la volonté des deux États voisins de maintenir un canal de dialogue ouvert pour éviter que la gestion des flux migratoires ne fragilise durablement la coopération bilatérale entre les deux pays.