Le ministre sénégalais des Forces armées, Yankhoba Diémé, a défendu avec force l’existence des fonds dits secrets, les présentant comme un pilier de la stabilité institutionnelle et de la cohésion sociale, lors d’une tournée en Casamance. Dans un contexte de polémiques persistantes, il a tenté de clarifier leur rôle, leur cadre juridique et leur utilité pour les grands projets régionaux.
Des fonds au service de la paix et du développement en Casamance
Lors de sa visite à Oussouye et Ziguinchor le 27 août, Yankhoba Diémé a rencontré des autorités coutumières et religieuses pour évoquer les projets d’infrastructures majeurs de la région, comme le deuxième pont de Ziguinchor ou la route vers Cap Skirring. Il a insisté sur l’importance de ces fonds pour accompagner les acteurs locaux dans leur mission de régulation sociale, tout en soulignant leur contribution à la réalisation des chantiers publics.
Le ministre a également sollicité le soutien spirituel des rois et imams pour ces projets, liant ainsi la question des fonds spéciaux à une démarche plus large de mobilisation collective et de développement territorial.
Un mécanisme encadré par la loi, selon Diémé
Face aux critiques récurrentes sur l’opacité de ces fonds, Yankhoba Diémé a rejeté l’idée d’une gestion discrétionnaire. Il a décrit ces ressources comme un outil institutionnel légal, permettant aux responsables publics d’appuyer discrètement des autorités religieuses ou coutumières, sans que cette démarche ne soit rendue publique. Pour lui, cette confidentialité est une obligation légale, et non une pratique arbitraire.
Il a également rappelé que ces fonds s’inscrivent dans une tradition étatique sénégalaise, de Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, et qu’ils relèvent du domaine réglementaire, distinct de la loi. Une distinction qu’il juge cruciale pour comprendre leur légitimité.
La polémique constitutionnelle et la réponse du ministre
Le débat sur les fonds spéciaux a été relancé par une décision du Conseil constitutionnel, poussant Yankhoba Diémé à clarifier leur cadre juridique. Il a plaidé pour une séparation nette entre le domaine de la loi et celui du règlement, estimant que cette distinction aurait pu éviter des années de controverses.
Selon lui, le fait que ces fonds soient gérés par décret confirme leur caractère réglementaire, et non législatif. Une argumentation qu’il présente comme une réponse définitive aux critiques, tout en insistant sur leur rôle dans la préservation de l’équilibre social et politique du pays.