Lors d'une visite officielle à Washington, le président chinois Xi Jinping a esquissé une nouvelle approche des relations sino-américaines, axée sur la stabilité stratégique et la gestion de la rivalité. Ce discours, qui évite la rhétorique de la confrontation directe, cherche à instaurer un cadre de dialogue permanent entre les deux premières puissances mondiales.
Une volonté de stabilité stratégique
Le discours de Xi Jinping s'est distingué par un ton conciliant, rappelant les liens historiques entre les deux nations, notamment leur alliance durant la Seconde Guerre mondiale. Loin d'une posture de force, le dirigeant chinois a insisté sur la nécessité d'une relation durable. L'objectif affiché est de maintenir une « stabilité stratégique constructive », une formule qui sert de socle aux échanges bilatéraux et qui vise à rassurer sur les intentions de Pékin à long terme.
La méthode des trois piliers : communiquer, coopérer, coexister
La stratégie chinoise repose désormais sur trois axes opérationnels. Sur le plan de la communication, Xi Jinping préconise des échanges réguliers entre les ministères et les organes législatifs. En matière de coopération, il propose une approche pragmatique : allonger la liste des intérêts communs tout en réduisant celle des points de friction, citant des enjeux concrets comme l'intelligence artificielle et la lutte contre les stupéfiants. Enfin, concernant la coexistence, Pékin assume la compétition mais la redéfinit comme une course à l'excellence plutôt qu'un affrontement destructeur, réfutant ainsi l'idée que le « piège de Thucydide » soit une fatalité.
Des gestes symboliques pour un langage commun
Pour illustrer cette volonté d'apaisement, la Chine a multiplié les gestes de diplomatie douce, notamment l'invitation de 100 000 jeunes Américains sur cinq ans et l'envoi de deux pandas au zoo d'Atlanta. Plus significatif encore, Xi Jinping a cherché à créer une résonance avec son homologue américain en affirmant que le « grand renouveau de la nation chinoise » et la volonté de « rendre l'Amérique à nouveau grande » ne sont pas des objectifs mutuellement exclusifs.
Un cadre plutôt qu'une résolution immédiate
Si cette visite ne permet pas de résoudre les différends structurels, tels que le contrôle des technologies de pointe ou l'accès aux terres rares, elle établit une ligne rouge claire : éviter à tout prix le glissement vers une confrontation ouverte. En soulignant que la coopération sino-américaine est indispensable à la résolution des enjeux mondiaux, Pékin envoie un signal fort aux capitales internationales, leur rappelant que la gestion de cette rivalité bilatérale conditionne la stabilité du système global.