L’ancien président régional du NPP, Bernard Antwi-Boasiako alias Wontumi, a été condamné à 20 ans de prison ferme pour exploitation minière illégale. Son avocat révèle qu’il avait anticipé ce verdict, révélant une préparation juridique et politique en amont.
Un verdict anticipé et des arguments juridiques contestés
L’avocat d’affaires Andy Appiah-Kubi, ancien conseil de Wontumi, a confirmé que ce dernier avait une connaissance préalable de sa condamnation avant même l’annonce du jugement dans l’affaire du Samreboi. Selon ses déclarations, Wontumi lui aurait même détaillé le contenu du verdict, incluant une peine de 20 ans de prison. Cette anticipation s’inscrit dans un contexte où l’accusé aurait reçu des conseils juridiques ciblés, allant jusqu’à ordonner le dépôt d’un appel dès le jour du verdict.
L’avocat conteste cependant la sévérité de la peine et les fondements juridiques de la condamnation. Il argue que la cour a commis une erreur en assimilant Wontumi à sa société, Akonta Mining, une approche qu’il juge contraire au droit des sociétés. Pour lui, les preuves présentées lors du procès ne justifient pas une telle conclusion, et cette ligne de défense constituera le socle de l’appel.
Une condamnation lourde au nom de la lutte contre l’orpaillage illégal
Le tribunal a justifié la peine de 20 ans de prison avec travaux forcés par la nécessité de dissuader les infractions environnementales, qualifiées de menace pour la stabilité écologique du pays. La juge Audrey Kocuvie-Tay a souligné dans son jugement de 59 pages que les activités minières illégales sapent le cadre réglementaire ghanéen et accélèrent la dégradation des écosystèmes. Bien que reconnaissant le caractère sérieux des faits, elle a tenu compte du statut de primo-délinquant de Wontumi pour moduler la sentence.
Les infractions retenues concernent l’exploitation illégale de ressources minières, propriété de l’État, et ont entraîné des amendes complémentaires pour Wontumi et sa société. Cette affaire s’inscrit dans une stratégie judiciaire plus large visant à endiguer l’orpaillage clandestin, phénomène endémique au Ghana et source de conflits sociaux et environnementaux.