Après plus d'une décennie de tentatives infructueuses, Microsoft affirme que son système d'exploitation Windows sur architecture Arm a atteint une maturité opérationnelle. Si le catalogue d'applications compatibles s'élargit, l'expérience réelle des utilisateurs, notamment dans le secteur exigeant du jeu vidéo, révèle des limites persistantes face aux architectures traditionnelles.
L'épreuve de la compatibilité logicielle
Microsoft s'appuie désormais sur Prism, une couche d'émulation conçue pour faire fonctionner les applications x86 non natives sur des processeurs Arm. Bien que l'éditeur revendique plus de 7 000 logiciels compatibles, cette avancée reste nuancée par des tests indépendants. L'émulation, bien qu'améliorée, entraîne une consommation énergétique accrue et une perte de vitesse par rapport à une exécution native, ce qui fragilise l'argument principal de l'autonomie des PC sous Arm. Des logiciels courants rencontrent encore des difficultés, soulignant le fossé qui sépare ces machines du catalogue complet de l'écosystème Windows classique.
Le défi persistant du jeu vidéo
Le secteur du gaming constitue le juge de paix de cette transition technologique. Si des progrès notables ont été réalisés, notamment grâce à la mise à jour des instructions AVX et au support de certains systèmes anti-triche, la compatibilité reste inégale. Des titres majeurs ont longtemps été bloqués par des incompatibilités structurelles entre les modules de sécurité et l'architecture Arm. Bien que Qualcomm assure que 90 % des grands titres sont désormais jouables, l'absence de cartes graphiques dédiées sur la majorité de ces ultraportables limite les ambitions pour les jeux les plus gourmands en ressources.
L'arrivée de Nvidia comme tournant stratégique
La donne pourrait changer avec l'implication de Nvidia, qui a intégré l'écosystème via sa puce RTX Spark. Équipant des machines haut de gamme comme le Surface Laptop Ultra, cette architecture Blackwell représente une montée en puissance inédite pour le segment Arm. En misant sur une mémoire unifiée importante et une expertise reconnue en traitement graphique, Nvidia pourrait inciter les développeurs à proposer davantage de versions natives de leurs logiciels. Toutefois, le positionnement tarifaire de ces machines, estimé à plusieurs milliers d'euros, réserve pour l'heure cette technologie à un public de professionnels ou d'utilisateurs fortunés, confirmant que le PC sous Arm demeure, pour le moment, une solution privilégiée pour la bureautique et la création plutôt que pour le divertissement numérique intensif.