Wim Wenders précise que le cinéma doit être l’antidote politique, après la polémique suscitée à la Berlinale

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
Wim Wenders précise que le cinéma doit être l’antidote politique, après la polémique suscitée à la Berlinale

Le cinéaste allemand Wim Wenders a profité de la Mostra de Venise pour nuancer ses déclarations faites à la Berlinale, rappelant que le cinéma se veut un contre‑poids empathique aux logiques politiques, dans un contexte où la guerre à Gaza occupe les débats des festivals européens.

Wim Wenders revient sur ses propos à la Mostra de Venise

Présent à Venise pour présenter son documentaire consacré à l’architecte Peter Zumthor, le réalisateur de 81 ans a expliqué que ses remarques de février, où il affirmait que le cinéma devait « rester en dehors de la politique », avaient été mal interprétées. Selon lui, il voulait souligner que les cinéastes, en tant que personnes empathiques, se placent à l’opposé des responsables politiques, dont les décisions sont souvent dénuées d’empathie. Il a insisté que le cinéma agit comme « antidote » aux discours purement politiques, cherchant à faire évoluer les mentalités.

Le débat sur la dimension politique du cinéma s’intensifie en Europe

Lors de la conférence de presse d’ouverture de la Mostra, la présidente du jury, Maggie Gyllenhaal, a rappelé que les films sont « fondamentalement et incontestablement politiques ». Cette affirmation rejoint les prises de position de plusieurs festivals qui, depuis la guerre en cours à Gaza, sont sollicités pour afficher clairement leur soutien à la cause palestinienne. Le directeur artistique du festival de Venise, Alberto Barbera, a souligné l’importance d’aborder les conflits du Moyen‑Orient dans la programmation, citant quatre œuvres qui traitent de la question palestinienne et de la situation en Iran.

Les festivals comme lieux de mobilisation autour du conflit israélo‑palestinien

La controverse déclenchée à la Berlinale, où Wenders était président du jury, illustre la tension entre liberté artistique et attentes sociopolitiques. Après avoir été interrogé sur le soutien de l’Allemagne à Israël, le réalisateur avait déclaré que les cinéastes ne fonctionnent pas avec la même mentalité que les hommes politiques, mais avec celle de personnes empathiques, cherchant à « faire changer les choses ». Cette prise de parole a alimenté une vague d’indignation, poussant les organisateurs de festivals à clarifier leurs positions. À Venise, Barbera a rappelé que la situation à Gaza constitue « des crimes de guerre qui doivent être poursuivis », et a exprimé l’espoir que les films présentés puissent enrichir le débat public. Ainsi, les festivals deviennent des plateformes où l’art cinématographique se mêle aux enjeux géopolitiques, offrant aux spectateurs une réflexion critique sur les conflits contemporains.

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