Le président kényan William Ruto s'est envolé pour New York afin de participer à la 81e Assemblée générale des Nations Unies. Ce déplacement stratégique vise à renforcer le poids diplomatique du Kenya sur la scène internationale tout en attirant des capitaux massifs pour des projets structurants, notamment dans les secteurs de l'énergie, de la technologie et de l'industrie.
Priorités économiques et projets d'infrastructure
Au cœur de l'agenda présidentiel figure la promotion de partenariats pour le développement industriel. Le projet phare mis en avant est la raffinerie d'Afrique de l'Est à Lamu, un investissement estimé à 2,2 billions de shillings. Avec une capacité prévue de 700 000 barils par jour, cette infrastructure ambitionne de générer plus de 60 000 emplois dès son lancement, prévu pour septembre 2026. Parallèlement, le chef de l'État présentera le Fonds national d'infrastructure du Kenya, un mécanisme conçu pour mobiliser jusqu'à 40 milliards de dollars sans alourdir la dette publique nationale.
Leadership dans l'économie numérique et l'IA
Le Kenya entend se positionner comme un acteur clé de la gouvernance technologique mondiale. William Ruto co-dirigera, avec le président finlandais Alexander Stubb, l'Initiative des puissances moyennes pour l'IA, visant à mutualiser les ressources de calcul et les données entre nations. Le pays soutient également l'initiative de la Banque africaine de développement visant à lever 10 milliards de dollars d'ici 2035 pour le secteur de l'intelligence artificielle sur le continent. En outre, le président s'engagera sur des questions de sécurité numérique en signant une déclaration mondiale sur la protection des enfants face aux risques liés à l'IA.
Diplomatie financière et résilience climatique
Lors des sommets organisés en marge de l'Assemblée, notamment avec l'Africa Finance Corporation, William Ruto plaidera pour une approche de financement endogène, exhortant à des réformes internationales pour libérer les capitaux africains. Sur le plan environnemental, il lancera un pacte de résilience utilisant l'observation satellitaire et l'IA pour anticiper les chocs climatiques comme El Niño. Enfin, le président profitera de ce séjour pour renforcer les liens avec la diaspora kényane aux États-Unis, via une plateforme dédiée visant à orienter l'épargne des expatriés vers des investissements productifs sur le territoire national.