Un centre médical nigérian suspend toutes ses activités de transplantation rénale après qu’un don d’organe a révélé des incohérences dans les documents du donneur. Wellington Clinics, basé à Abuja, affirme n’avoir joué qu’un rôle logistique dans l’opération, mais une enquête policière pourrait révéler des manquements graves.
Un rôle limité, mais des documents suspects
Wellington Clinics a nié toute implication dans des transactions financières liées à une greffe de rein controversée réalisée dans ses locaux. Selon le centre, son rôle se limitait à mettre à disposition un bloc opératoire et un environnement adapté pour l’intervention. L’opération aurait été menée par une équipe médicale indépendante dirigée par le Dr Benjamin Friday Oyimeh, néphrologue et PDG du Crown Medical and Kidney Centre. Ce dernier aurait été responsable du recrutement, de l’évaluation et du screening du donneur et du receveur.
Le donneur, enregistré sous le nom d’Abubakar Hassan, avait été admis le 24 avril 2026 et avait subi une néphrectomie gauche le même jour. Les documents présentés à l’admission incluaient un affidavit judiciaire, une carte d’identité nationale numérique (NIN), un certificat de naissance et une déclaration sur l’honneur de consentement. Pourtant, le centre a révélé que le vrai nom du donneur serait Samuel Ezekiel, ayant adopté le pseudonyme Abubakar Hassan via un affidavit devant un tribunal de l’État de la capitale fédérale.
Une suspension préventive en attendant les résultats de l’enquête
Face aux allégations de complicité dans un éventuel trafic d’organes, Wellington Clinics a annoncé la suspension immédiate de toutes ses activités liées aux transplantations rénales. Le centre a précisé qu’il n’avait ni participé, ni facilité, ni bénéficié de quelconques arrangements transactionnels liés à l’opération. Il a également souligné s’être appuyé sur les documents fournis par le donneur et l’équipe médicale, sans avoir les moyens ou l’obligation légale de mener des investigations forensiques sur la relation entre le donneur et le receveur.
La police nigériane enquête actuellement sur cette affaire, et Wellington Clinics affirme coopérer pleinement avec les autorités. Le centre a invité les enquêteurs à examiner ses registres et documents pour établir l’étendue de son implication dans cette greffe jugée suspecte. Cette suspension pourrait durer jusqu’à ce que les résultats de l’enquête soient connus, afin de garantir le respect des normes éthiques et légales en vigueur.
Des questions persistantes sur la traçabilité des donneurs
L’affaire soulève des interrogations sur la rigueur des procédures de vérification des donneurs d’organes au Nigeria. Bien que Wellington Clinics affirme avoir respecté les exigences du National Health Act de 2014 et les directives du Conseil médical et dentaire du Nigeria (MDCN), l’identité réelle du donneur n’a été révélée qu’après l’opération. Le centre a reconnu n’avoir détecté aucune anomalie dans les documents présentés au moment de l’admission, mais cette situation interroge sur les mécanismes de contrôle en place.
Cette suspension pourrait avoir des répercussions sur l’accès aux soins pour les patients souffrant d’insuffisance rénale terminale, alors que le Nigeria fait face à une pénurie chronique d’organes disponibles pour la transplantation. Les autorités sanitaires nigérianes pourraient être amenées à renforcer les protocoles de vérification des donneurs et à clarifier les responsabilités des établissements médicaux dans ce type d’opérations.