La coalition locale Wazalendo, appuyée par les forces armées de la République démocratique du Congo, a repris mardi le contrôle de plusieurs villages du groupement Ufamandu Ier à Masisi. Malgré ces gains militaires, la sécurité reste précaire et empêche le retour de milliers de familles déplacées depuis les combats d’août.
Reprise des villages stratégiques autour de Kasake
Dans la soirée du 16 septembre, les combattants Wazalendo ont de nouveau engagé des hostilités dans le village de Kasake, à quelques kilomètres de Remeka, en direction de Ngungu. Les forces de la coalition, estimées à cinq groupes armés, ont consolidé leurs avancées en reprenant les localités de Remeka, Katuunda, Miko, Kareta et leurs environs, toutes situées dans le groupement Ufamandu Ier. Le porte‑parole de la 34ᵉ région militaire, le major Dieudonné Kasereka, a confirmé que les positions reconquises s’étendent également aux secteurs de Katoyi et d’Osso‑Banyungu, ainsi qu’à certaines localités du groupement de Luberike, dans le territoire voisin de Walikale.
Alliances militaires et objectifs de la coalition
Les Wazalendo, groupe local d’autodéfense, opèrent en coordination étroite avec les FARDC, l’armée nationale, pour repousser les rebelles de l’AFC/M23 qui avaient occupé ces zones entre le 15 et le 20 août. Cette coopération vise à restaurer la souveraineté de l’État sur les territoires contestés et à sécuriser les axes de communication entre Masisi et les zones rurales environnantes. Les combats, qui ont débuté aux petites heures du matin et se sont poursuivis jusqu’à la soirée, témoignent de la volonté de la coalition de récupérer les villages perdus lors des offensives précédentes.
Impact humanitaire : déplacements et insécurité persistante
Malgré les succès tactiques, la situation sécuritaire demeure alarmante. Des sources de la société civile locale signalent que de nombreuses familles restent confinées dans les groupements de Waloa, à Walikale, faute de garanties de sécurité dans leurs villages d’origine. Les affrontements signalés autour de Bibatama, Mitimingi et Katoyi‑Centre aggravent le climat d’insécurité, limitant les possibilités de retour et d’accès aux services de base. Cette dynamique de déplacement prolongé alimente les besoins en aide humanitaire et complique les efforts de reconstruction.
Enjeux à moyen terme pour la stabilité de Masisi
La reconquête de ces villages constitue une étape importante pour les autorités congolaises, mais elle ne suffit pas à garantir une paix durable. La présence continue de l’AFC/M23 dans les zones périphériques, combinée à la fragilité des structures étatiques locales, expose la région à de nouvelles flambées de violence. Les décideurs devront donc renforcer la présence militaire, soutenir les initiatives de dialogue communautaire et accélérer les programmes de réinstallation afin de réduire la vulnérabilité des populations déplacées et d’enrayer le cycle de l’insécurité.