Le président américain Donald Trump a officialisé un accord stratégique avec le gouvernement intérimaire vénézuélien, octroyant à Washington des droits d'exploitation sur 17 gisements pétroliers. Cette manœuvre, qui porte sur des réserves estimées à 65 milliards de barils, marque un tournant majeur dans la politique énergétique américaine et le rapprochement diplomatique entre les deux nations.
Concessions pétrolières et contrôle opérationnel
L'accord, conclu fin août, confie à la société North American Blue Energy Partners (NABEP) des concessions d'une durée de 100 ans sur les champs vénézuéliens. Le montage financier et opérationnel prévoit que les États-Unis détiennent 55 % de la production effective de la structure privée dédiée à l'exploitation. En complément, Washington s'est assuré des droits d'achat préférentiels sur une partie de la production, au prix de revient, renforçant ainsi sa sécurité d'approvisionnement.
Perspectives économiques pour Caracas
Pour le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, cet accord représente un levier de redressement économique. Les autorités vénézuéliennes anticipent l'injection de plus de 100 milliards de dollars de capitaux privés dans le secteur. Ces investissements sont jugés indispensables pour moderniser les infrastructures et espérer générer, à terme, plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État vénézuélien.
Divergences sur les parts de marché mondiales
Lors de l'Assemblée générale de l'ONU, Donald Trump a affirmé que cet accord permettait aux États-Unis et au Venezuela de contrôler plus de 60 % du pétrole mondial. Une déclaration qui contraste avec les données factuelles disponibles : les réserves cumulées des deux pays représentent environ 21,9 % des réserves mondiales, le Venezuela en détenant 17,2 % et les États-Unis 4,7 %. Si l'accord accroît significativement l'accès de Washington à des ressources prouvées, la transformation de ces réserves en production réelle dépendra de la capacité des deux parties à attirer des investissements massifs dans un secteur vénézuélien en besoin de modernisation.
Un nouveau chapitre diplomatique
La rencontre entre Donald Trump et Delcy Rodríguez à New York symbolise la normalisation des relations bilatérales, amorcée après le changement de pouvoir à Caracas en 2026. Au-delà de l'enjeu énergétique, les discussions ont également porté sur les secteurs minier et sécuritaire, illustrant une volonté commune de stabiliser les échanges entre les deux pays après une période de forte instabilité politique.