Washington mise sur des leviers fiscaux pour combler un retard social criant : les États-Unis, seul pays de l’OCDE sans congé parental payé obligatoire, renforcent leurs incitations à destination des employeurs.
Un dispositif fiscal élargi pour répondre à une lacune persistante
Le département du Trésor américain annonce une révision des règles encadrant un crédit d’impôt destiné à encourager les entreprises à proposer un congé familial et médical rémunéré. Instauré en 2017 dans le cadre d’une loi fiscale majeure, ce mécanisme permet aux employeurs de bénéficier d’un avantage fiscal s’ils offrent au moins deux semaines de congé, couvrant au moins 50 % du salaire de l’employé. Jusqu’ici, la condition exigeait que les salaires soient maintenus pendant l’absence, poussant de nombreuses entreprises à souscrire des polices d’assurance plutôt que de supporter directement les coûts.
La nouvelle directive assouplit cette contrainte : désormais, les employeurs pourront prétendre au crédit d’impôt même s’ils financent leurs obligations via des primes d’assurance. Une évolution présentée comme une réponse pragmatique aux critiques récurrentes sur l’absence de protection sociale dans le pays, où le congé parental payé reste une exception.
Un enjeu électoral et une stratégie conservatrice
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement pour mobiliser son électorat en vue des élections de mi-mandat. En ciblant des districts clés, comme celui de l’Arizona représenté par un député républicain en difficulté, l’administration cherche à rallier les entreprises et les familles autour d’un argument économique : transférer la charge du congé parental des épaules de l’État à celles des employeurs, via des incitations fiscales. Une approche défendue de longue date par certains conservateurs, dont un sénateur républicain influent, qui y voit une alternative aux systèmes publics coûteux.
Pourtant, les sondages récents révèlent un déséquilibre dans la perception des priorités économiques. Malgré cette mesure, les électeurs semblent davantage séduits par les propositions démocrates en matière de gestion économique, selon un récent scrutin. Un paradoxe qui souligne les défis de communication du camp républicain, malgré ses efforts pour ancrer cette réforme dans le débat public.