Les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, mettant fin à 47 ans de mesures restrictives. Cette décision, qui s'accompagne du retrait du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) des listes de sanctions américaines, marque une étape décisive dans la normalisation des relations diplomatiques et économiques de Damas.
Un levier pour la reconstruction économique
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a présenté cette mesure comme une opportunité majeure pour la Syrie, soulignant qu'elle lève les derniers obstacles structurels aux investissements du secteur privé. L'objectif affiché par Washington est de favoriser la reprise économique du pays et de faciliter son retour au sein du système financier mondial. Le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, a salué cette avancée, y voyant un vecteur essentiel pour attirer les capitaux étrangers et les technologies nécessaires au développement national.
La fin d'un isolement financier
La décision américaine s'inscrit dans une dynamique de réintégration entamée par plusieurs puissances occidentales depuis 2025. Le gouverneur de la Banque centrale syrienne a exprimé sa volonté de bâtir un système financier moderne et fiable, désormais libéré des contraintes liées aux sanctions. Cette évolution fait suite à la visite du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à Damas en juillet dernier, durant laquelle il avait plaidé pour la levée des mesures restrictives afin de soutenir la reconstruction locale.
Le statut du groupe HTS
Parallèlement au retrait de l'État syrien de la liste noire, le Trésor américain a également retiré le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de sa liste des entités sous sanctions. Cette décision intervient dans un contexte de restructuration politique interne, le président Ahmed al-Charaa ayant annoncé, après son accession au pouvoir en décembre 2024, la dissolution des groupes armés ayant renversé le régime de Bachar al-Assad, incluant sa propre formation, le HTS. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a précisé que ces mesures visent à promouvoir la stabilité politique et économique à long terme dans la région.