L'administration américaine a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de « pression maximale » contre Cuba en ciblant neuf entreprises publiques majeures des secteurs de la construction, des mines et de la métallurgie. Cette offensive économique, justifiée par Washington comme une mesure de sécurité nationale, aggrave une situation humanitaire déjà critique sur l'île, marquée par des pénuries de médicaments et des coupures d'électricité récurrentes.
Ciblage des ressources stratégiques et diplomatiques
La liste des entités sanctionnées par le Trésor américain inclut le ministère cubain de la Construction ainsi que le groupe minier GEOMINSAL, acteur clé dans l'exploitation des gisements de cobalt et de nickel du pays. Au-delà des infrastructures, l'administration Trump a également visé trois dirigeants de l'Institut cubain d'amitié avec les peuples (ICAP). Le secrétaire d'État, Marco Rubio, a accusé ces structures de soutenir l'appareil répressif du gouvernement cubain et de déployer un réseau d'influence international visant à promouvoir l'idéologie communiste.
Une stratégie de déstabilisation économique
Ces nouvelles restrictions s'inscrivent dans une campagne plus large visant à fragiliser le gouvernement du président Miguel Diaz-Canel. Depuis janvier, les États-Unis ont instauré un blocus pétrolier de fait, menaçant de tarifs douaniers tout pays fournissant du carburant à l'île. Cette politique a drastiquement réduit les approvisionnements énergétiques, isolant davantage le pays. Le président Donald Trump a d'ailleurs publiquement évoqué la possibilité d'un changement de régime à Cuba, qualifiant l'île de menace pour la sécurité des États-Unis.
Alerte sur les conséquences humanitaires
La multiplication des sanctions suscite une vive inquiétude au sein des instances internationales. Des experts des Nations Unies ont dénoncé ce qu'ils qualifient de « famine énergétique » imposée à la population cubaine. Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Volker Turk, a souligné un lien direct entre ces mesures restrictives et la dégradation des indicateurs de santé publique, notamment l'augmentation du taux de mortalité infantile et les difficultés croissantes de prise en charge des enfants atteints de cancer. Malgré ces alertes sur une possible crise humanitaire, Washington maintient sa ligne dure, affirmant que ces mesures sont indispensables pour contrer ce qu'il considère comme une influence hostile à proximité de ses côtes.