Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a officiellement interdit les importations en provenance de trois entreprises chinoises spécialisées dans la génomique. Cette décision, fondée sur des accusations de complicité dans la surveillance de minorités ethniques, marque une nouvelle étape dans la confrontation technologique et diplomatique entre Washington et Pékin.
Sanctions contre BGI Genomics et ses filiales
Les entreprises visées par cette mesure sont BGI Genomics, MGI Tech et Shenzhen BGI Technology, regroupées sous l'entité BGI Group. Elles ont été inscrites sur la liste des entités soumises à la loi sur la prévention du travail forcé des Ouïghours (Uyghur Forced Labor Prevention Act). Selon les autorités américaines, ces sociétés auraient activement participé à la collecte de matériel génétique utilisé pour surveiller des populations minoritaires, notamment les Ouïghours, les Kazakhs et les Kirghizes, dans la région du Xinjiang.
Une escalade dans la rivalité technologique
Cette interdiction s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour des technologies sensibles. Après les semi-conducteurs et l'intelligence artificielle, le secteur de la biotechnologie devient un nouveau terrain d'affrontement économique. Le gouvernement américain justifie cette décision par la volonté d'empêcher des entreprises liées au travail forcé et à la surveillance de minorités de tirer profit du marché intérieur américain. Parallèlement, de nouvelles règles visant à restreindre les investissements dans les entreprises chinoises de biotechnologie ont été proposées par l'administration Trump.
La réaction ferme de Pékin
Le ministère chinois du Commerce a vivement réagi, qualifiant ces accusations de dénuées de fondement factuel. Pékin dénonce une manœuvre de protectionnisme unilatéral sous couvert de défense des droits humains et a promis de prendre les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts nationaux. De leur côté, les entreprises concernées ont formellement nié les allégations portées contre elles, affirmant s'opposer à toute forme de travail forcé. Cette situation souligne la complexité des enjeux éthiques et sécuritaires liés à l'exploitation des données génétiques à l'échelle mondiale.