À l'approche de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies prévue le 31 octobre, la diplomatie américaine multiplie les réflexions sur l'avenir de la MINURSO. Face à l'enlisement des négociations, Washington étudie des options de restructuration pour cette mission onusienne, tout en tenant compte de nouvelles contraintes financières et d'un paysage politique régional en pleine mutation.
Une réorientation vers la surveillance militaire
La première piste envisagée par les États-Unis consiste à recentrer le mandat de la MINURSO sur la surveillance exclusive des tensions militaires entre le Maroc et le Front Polisario. Cette option marquerait un tournant significatif en s'éloignant de l'objectif initial de la mission, qui était l'organisation d'un référendum d'autodétermination. Ce changement de cap s'inscrit dans un contexte de rigueur budgétaire, le budget alloué à la mission pour la période de juillet 2026 à juin 2027 ayant été ramené à 63 millions de dollars, contre 71 millions lors de l'exercice précédent.
Réduction des effectifs et impasse politique
Une seconde option, déjà en phase d'amorçage dans les camps de Tindouf, prévoit une diminution progressive des effectifs onusiens sur le terrain. Si un retrait total de la mission demeure improbable à court terme en l'absence de consensus politique, cette réduction témoigne de la volonté de Washington d'adapter sa présence aux réalités du terrain. L'administration américaine manifeste une impatience croissante face à l'absence de propositions écrites du Front Polisario concernant le plan d'autonomie, ce qui bloque toute avancée diplomatique concrète.
Le dialogue avec le mouvement Sahraouis pour la paix
Pour tenter de briser l'immobilisme actuel, les États-Unis ont intensifié leurs échanges avec le mouvement « Sahraouis pour la paix », une entité qui soutient la proposition marocaine d'autonomie. Cette stratégie d'ouverture s'est matérialisée par des rencontres diplomatiques de haut niveau, notamment entre des représentants de ce mouvement et l'ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, à New York en juin dernier. Des discussions complémentaires ont également eu lieu à Laâyoune en juillet, illustrant la volonté américaine de diversifier ses interlocuteurs dans la recherche d'une issue au conflit.