Les États-Unis ont franchi une étape supplémentaire dans leur pression diplomatique sur Kigali en ciblant directement le ministère rwandais de la Défense et la coopérative financière Zigama Credit and Savings Society. Ces sanctions, actées par le Trésor américain, visent à paralyser les capacités logistiques et financières qui soutiendraient le Mouvement du 23 Mars (M23) dans l'est de la République démocratique du Congo.
Le gel des avoirs comme levier de pression
L'Office of Foreign Assets Control (OFAC) a ordonné le gel immédiat de tous les biens et intérêts appartenant au ministère de la Défense et à la banque Zigama situés sous juridiction américaine. Cette mesure restrictive interdit également toute transaction impliquant ces entités pour les ressortissants et entreprises des États-Unis. L'objectif affiché par Washington est de couper les flux financiers et matériels qui, selon les autorités américaines, alimentent l'instabilité dans la région des Grands Lacs.
Accusations de soutien militaire et logistique
Le Trésor américain justifie ces sanctions par une implication directe du ministère de la Défense dans les opérations menées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Washington accuse les troupes rwandaises de fournir un appui opérationnel, logistique et technique au M23. Concernant la banque Zigama, les autorités américaines affirment que l'institution a servi de canal pour le financement d'équipements militaires et a facilité le transit d'or extrait de zones sous contrôle rebelle vers Kigali.
Une stratégie américaine en escalade
Cette décision s'inscrit dans une politique de sanctions graduelles, faisant suite aux mesures prises en mars 2026 contre les Forces de défense rwandaises et plusieurs hauts gradés. Par cette nouvelle offensive, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, réitère l'exigence d'un retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Washington lie cette fermeté au non-respect des accords signés le 4 décembre 2025, qui prévoyaient notamment une meilleure transparence dans les chaînes d'approvisionnement en minerais et une désescalade régionale.