L'administration américaine a intensifié sa politique de déportation en envoyant près de 2 300 ressortissants mexicains vers le Guatemala cette année. Cette pratique, qui consiste à expulser des migrants vers des pays tiers avec lesquels ils n'ont aucun lien, suscite une opposition diplomatique formelle de la part du gouvernement mexicain.
Une stratégie de dissuasion contestée
Le gouvernement américain justifie ces transferts vers des pays tiers par une volonté de dissuader les migrants de tenter de traverser à nouveau la frontière. Selon l'Institut national de migration du Mexique, Washington présente cette mesure comme un levier opérationnel pour empêcher les retours immédiats sur le sol américain. Toutefois, cette approche est perçue par de nombreux experts en droits humains comme une tactique d'intimidation visant à instaurer la peur au sein des populations migrantes.
La gestion logistique du transit
Le président guatémaltèque, Bernardo Arevalo, a confirmé la réception de 2 284 citoyens mexicains sur le territoire national. Pour limiter l'impact de cette situation, le Guatemala a mis en place un protocole de transit rapide : les personnes déportées sont acheminées vers la frontière mexicaine dans un délai de 24 heures suivant leur arrivée. Les coûts de ces opérations de rapatriement sont pris en charge par les autorités américaines ou mexicaines, bien que le principe même de ces expulsions vers des pays tiers reste au cœur des tensions bilatérales.
Tensions diplomatiques et droits humains
Le ministère mexicain des Affaires étrangères a officiellement exprimé son opposition à cette pratique, rappelant que tout citoyen mexicain possède le droit inaliénable d'entrer sur son territoire national. Cette divergence intervient dans un contexte de relations complexes entre les deux voisins, dont les échanges commerciaux ont atteint 964,1 milliards de dollars en 2025. Au-delà des déportations, Mexico multiplie les plaintes concernant les conditions de détention dans les centres de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement), dénonçant des standards incompatibles avec les droits humains après le décès de 15 ressortissants mexicains en détention depuis le retour de Donald Trump à la présidence.
Une pratique étendue à d'autres pays
Le recours aux pays tiers ne se limite pas au Guatemala. Des signalements font état de transferts similaires vers le Honduras, où des ressortissants mexicains ont été acheminés sans information préalable sur leur destination. Cette politique, qualifiée par ses détracteurs de forme de punition, place les migrants dans une situation de vulnérabilité extrême, loin de leurs foyers, tout en forçant le gouvernement mexicain à maintenir un équilibre précaire entre coopération sécuritaire et protection de ses citoyens.