Les États-Unis ont révélé avoir proposé à l'Iran de fournir de l'uranium destiné à un usage civil, sur le modèle des accords conclus avec les Émirats arabes unis. Cette offre, rejetée par Téhéran, visait à garantir le respect des normes internationales de non-prolifération tout en encadrant les activités nucléaires du pays.
Une proposition sur le modèle émirati
L'ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a précisé que l'administration Trump avait cherché à instaurer un cadre similaire à celui des Émirats arabes unis. Dans cet arrangement, le pays bénéficiaire s'engage à ne pas enrichir d'uranium sur son propre sol et à ne pas retraiter le combustible usé, tout en bénéficiant d'un programme nucléaire pacifique sous surveillance internationale. Washington affirme que cette voie restait ouverte à condition que l'Iran se conforme aux obligations du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP).
Le point de blocage sur les stocks enrichis
Au cœur des tensions figure le devenir des stocks d'uranium iranien. Téhéran possède actuellement plus de 440 kg d'uranium enrichi à 60 %, un niveau proche du seuil de 90 % nécessaire à une application militaire. Si l'Iran maintient que ses activités sont exclusivement tournées vers la production d'électricité et la recherche médicale, les États-Unis exigent des garanties strictes, allant jusqu'à demander le transfert hors du territoire des matériaux enrichis. Téhéran a systématiquement rejeté ces demandes, qualifiant les pressions américaines de manœuvres politiques.
Une impasse diplomatique et sécuritaire
La situation est aggravée par l'absence d'accès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) aux sites nucléaires iraniens depuis juin 2025, à la suite d'opérations militaires menées par les États-Unis et Israël. Alors que l'AIEA dénonce une non-conformité persistante, les autorités iraniennes justifient ce blocage par des impératifs de sécurité face aux menaces d'attaques. Malgré une rhétorique belliqueuse des deux côtés, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué maintenir une volonté de dialogue, tout en soulignant que le pays se préparait à une escalade du conflit.
Un paysage régional sous haute tension
La question nucléaire iranienne s'inscrit dans un contexte régional complexe où plusieurs nations, comme l'Égypte et la Turquie, exploitent des programmes civils. Parallèlement, les États-Unis ont multiplié les accords de coopération nucléaire, notamment avec l'Arabie saoudite, tout en maintenant une pression maximale sur Téhéran. La gestion du détroit d'Ormuz et la fin de l'accord de 2015 (JCPOA) continuent de cristalliser les désaccords, rendant toute issue diplomatique incertaine face à la méfiance mutuelle des acteurs en présence.