Pour que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) devienne une réalité commerciale, le continent doit impérativement moderniser ses infrastructures, ses douanes et ses mécanismes de paiement. Le secrétaire général du secrétariat de la ZLECAf, Wamkele Mene, insiste sur la nécessité d'une coordination accrue entre les politiques nationales et les engagements continentaux pour réduire les coûts transactionnels.
Le coût exorbitant de la fragmentation monétaire
L'un des obstacles majeurs au commerce intra-africain réside dans la dépendance aux devises étrangères pour les transactions entre pays voisins. Wamkele Mene souligne qu'une opération commerciale entre le Ghana et le Kenya nécessite souvent le recours au dollar américain, générant des frais de conversion estimés à 5 milliards de dollars par an à l'échelle du continent. Pour pallier cette inefficacité, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), développé par Afreximbank, est présenté comme une solution stratégique permettant des règlements directs en monnaies locales.
L'impératif d'une gestion de projet transfrontalière
La réussite de l'intégration économique repose sur la capacité des professionnels à coordonner des projets complexes impliquant plusieurs institutions et juridictions. Selon George Asamani, directeur général du Project Management Institute (PMI) pour l'Afrique subsaharienne, la discipline du management de projet est essentielle pour transformer les accords politiques en services opérationnels. Il s'agit de bâtir des systèmes de transport, des plateformes numériques et des infrastructures douanières qui fonctionnent de manière fluide au-delà des frontières nationales.
Protéger les industries locales face à l'ouverture
L'ouverture des marchés suscite des inquiétudes légitimes concernant la compétitivité des industries naissantes. Le secrétariat de la ZLECAf assure que des mécanismes de sauvegarde et des dispositifs de soutien à l'ajustement sont prévus pour accompagner les secteurs vulnérables. L'objectif est de permettre aux entreprises locales de monter en puissance tout en bénéficiant de l'élargissement du marché continental, à condition que les réformes nationales soient alignées sur les objectifs de coopération régionale.
Investir dans le capital humain et numérique
Au-delà des actifs physiques, la préparation des projets doit intégrer une dimension numérique forte, notamment via le Protocole sur le commerce numérique. Wamkele Mene appelle à une meilleure planification des investissements pour garantir que les infrastructures de transport et les systèmes de données soient interconnectés. Le succès final de la ZLECAf sera mesuré par la capacité réelle des entreprises africaines à accéder à de nouveaux marchés avec des coûts réduits et des procédures administratives simplifiées.