À quelques jours de ses 100 ans, Abdoulaye Wade a surpris son interlocuteur par son mutisme sur la candidature de Macky Sall à la tête de l'ONU, alors que les sujets internationaux ne lui ont pas fait défaut.
Un entretien vif, mais un silence politique
Dans sa résidence versaillaise, entouré de sa famille, l’ancien président sénégalais a livré une conversation d’une rare vivacité intellectuelle, abordant avec aisance des enjeux majeurs comme les tensions géopolitiques ou les conflits régionaux. Pourtant, sur la question qui anime l’actualité politique sénégalaise – la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies –, Abdoulaye Wade s’est montré d’une discrétion inhabituelle. Interrogé sur le sujet, il s’est contenté d’une réponse minimaliste : « C’est bien. » Une sobriété qui contraste avec l’énergie déployée sur d’autres thèmes.
Cette réserve s’explique peut-être par le contexte des célébrations de son centenaire à Dakar, prévues les 4 et 5 juin. François Soudan, qui l’a rencontré, évoque une volonté de ne pas interférer dans les hommages nationaux qui lui seront rendus. Une attitude qui interroge, tant les relations entre Wade et Sall, son ancien Premier ministre devenu successeur, ont été marquées par des tensions politiques historiques.
Un héritage à écrire, loin des projecteurs
Si Wade a évité les sujets brûlants de la politique sénégalaise, c’est devant son ordinateur qu’il consigne aujourd’hui ses réflexions les plus intimes. Selon François Soudan, l’ancien président rédige chaque matin des centaines de pages, mêlant mémoires, souvenirs et observations sur l’évolution de son pays. Un travail de mémoire qui pourrait, à terme, éclairer les générations futures sur les rouages d’un demi-siècle d’histoire politique sénégalaise.
Cette discrétion sur la candidature de Sall à l’ONU, alors que Wade n’a jamais caché son influence sur la vie publique sénégalaise, laisse planer un mystère. Entre héritage à transmettre et silence calculé, l’ancien président semble jouer une partition où chaque mot compte, surtout à l’approche d’un anniversaire symbolique.