Voyage présidentiel de Bassirou Diomaye Faye : pourquoi le coût exact reste inconnu pour les contribuables sénégalais

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 28 lectures
Voyage présidentiel de Bassirou Diomaye Faye : pourquoi le coût exact reste inconnu pour les contribuables sénégalais

Le président Bassirou Diomaye Faye a parcouru quatre capitales entre le 14 et le 21 septembre, dans le cadre de son premier grand déplacement officiel hors d’Afrique. Si l’objectif affiché était de diversifier les alliances du Sénégal et de relancer les investissements directs étrangers, le budget de cette tournée n’a jamais été rendu public, alimentant le débat sur la transparence des dépenses publiques.

Itinéraire de la tournée et objectifs diplomatiques

Le 14 septembre, le chef de l’État a atterri à Washington pour deux jours de rencontres, avant de poursuivre le 16 septembre à Abou Dhabi. Sur le chemin du retour, il a fait escale à Nouakchott le 17 septembre afin d’échanger avec le président mauritanien. La tournée s’est clôturée le 21 septembre à New York, où le président a participé à la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Selon la présidence, ces arrêts visent à élargir le réseau d’alliances du Sénégal et à attirer davantage d’investissements directs étrangers, dont les flux ont connu une forte baisse récemment.

Absence de données budgétaires détaillées

À ce jour, aucun communiqué officiel n’a indiqué la taille de la délégation, le mode de transport utilisé, les frais d’hébergement ou le coût total de ces quatre étapes. Le seul chiffre disponible concerne l’avion présidentiel, un Airbus A320neo baptisé « Langue de Barbarie », acquis en 2021 pour 57 milliards de francs CFA, assurances et aménagements inclus. Cette valeur patrimoniale est la seule donnée chiffrée que le public peut vérifier, le reste du budget restant dans le « secret‑défense » invoqué par le gouvernement de l’époque.

Implications pour la transparence et la confiance citoyenne

Le manque de publication du coût réel d’une mission présidentielle complique l’évaluation de la pertinence des dépenses publiques, surtout dans un contexte où les recettes fiscales sont limitées et où la population attend des réponses concrètes sur la gestion des fonds. Sans informations précises, les parlementaires, les organisations de la société civile et les contribuables peinent à mesurer le retour sur investissement de ces déplacements diplomatiques, notamment en termes de nouveaux projets ou d’engagements financiers étrangers.

Enjeux pour l’attraction des investissements étrangers

Le Sénégal cherche à inverser la chute des flux d’investissements directs étrangers en misant sur la diplomatie économique. La visibilité d’une tournée à haut niveau peut, en théorie, rassurer les investisseurs étrangers quant à la stabilité politique et aux opportunités de marché. Cependant, l’opacité budgétaire peut également être perçue comme un risque de mauvaise gouvernance, ce qui pourrait décourager les capitaux étrangers qui privilégient la transparence et la prévisibilité des politiques publiques.

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