Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la reprise des attaques contre les raffineries de pétrole russes, marquant la fin d'une trêve de trois jours instaurée sous la pression de Washington. Cette décision intervient dans un climat de tensions diplomatiques accrues, Kyiv accusant l'administration américaine de restreindre son accès à des outils militaires critiques en guise de représailles.
La fin d'une trêve énergétique unilatérale
Volodymyr Zelensky a justifié cette reprise des hostilités par le refus de Moscou de respecter l'accord de « cessez-le-feu énergétique » proposé par le président américain Donald Trump. Alors que Kyiv avait suspendu ses frappes, le Kremlin a poursuivi ses bombardements sur les infrastructures électriques ukrainiennes, plongeant des centaines de milliers de civils dans le noir. Pour le dirigeant ukrainien, la poursuite de ces frappes sur les raffineries russes est une nécessité stratégique pour tarir les revenus qui financent l'effort de guerre russe.
Pressions sur le renseignement et les technologies militaires
Le chef de l'État ukrainien a dénoncé des mesures de rétorsion américaines, affirmant que Washington aurait menacé de couper le partage de renseignements cruciaux si Kyiv ne cessait pas ses attaques. Parallèlement, le fonctionnement des services Starlink, essentiels à la communication et à la coordination des forces ukrainiennes sur le front, a subi des ralentissements significatifs. Si Elon Musk a suggéré que ces limitations étaient le fait du gouvernement américain, le ministère ukrainien de la Défense a indiqué que les services militaires Starshield avaient été rétablis, tout en cherchant à clarifier les circonstances de ces restrictions.
Un pivot diplomatique sous haute tension
Au cœur de ce différend se trouve un accord récent entre les États-Unis et la Russie concernant l'importation de 300 000 tonnes de diesel russe. Volodymyr Zelensky a vivement critiqué cette transaction, y voyant un investissement indirect dans la machine de guerre russe, motivé par les impératifs électoraux de l'administration Trump. Face à ce qu'il qualifie de trahison, le président ukrainien pose désormais une condition claire pour un nouvel arrêt des frappes : la livraison de systèmes de défense antiaérienne Patriot, dont les stocks ukrainiens sont épuisés. Pendant ce temps, le soutien européen se réorganise, le Royaume-Uni ayant notamment annoncé une accélération de ses livraisons de missiles légers à Kyiv.