Vladimir Potanine, à la tête du groupe minier Norilsk Nickel, a déclaré que la Russie n'avait pas encore atteint le point le plus bas de son ralentissement économique, alors que le gouvernement prévoit une hausse du PIB de 0,6 % en 2026. Cette affirmation intervient dans un contexte de sanctions occidentales persistantes et d'une contraction de la base d'investissement.
Sanctions occidentales et leurs répercussions sur le secteur économique
Depuis 2022, les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume‑Uni ont imposé une série de sanctions ciblant les banques, le secteur de l'énergie et plusieurs dirigeants d'entreprises, dont Potanine lui‑même. Ces mesures ont limité l'accès aux financements internationaux et accru la pression sur les entreprises russes, ralentissant la dynamique de croissance et accentuant la fuite des capitaux.
Prévisions macroéconomiques du gouvernement russe
Le ministère des Finances anticipe une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,6 % pour l'année 2026, après une hausse de 4,3 % en 2024 et de 1 % en 2025. Parallèlement, les autorités projettent des économies de 1 930 milliards de roubles dans les dépenses fédérales pour 2027, ainsi que la mise en place de mesures fiscales supplémentaires visant à générer 1 500 milliards de roubles de recettes.
Manque d'investissements : le principal frein identifié
Potanine place la réduction de la base d'investissement au cœur des difficultés économiques du pays. Selon lui, la contraction des capitaux disponibles limite la capacité des entreprises à financer leurs projets, ce qui freine la reprise et maintient le pays dans une situation de vulnérabilité accrue.
Perspectives fiscales et charge sur les entreprises
Le milliardaire ne rejette pas la nécessité d'un effort fiscal supplémentaire, mais insiste sur le principe que les impôts doivent être prélevés sur les gains réalisés et non à l'avance. « Une forte charge sur les entreprises dans la situation actuelle, c’est normal, nous nous y attendions tous… », a‑t‑il déclaré, soulignant la nécessité d'un équilibre entre recettes publiques et capacité de paiement des entreprises.
Enjeux pour les acteurs économiques et les décideurs
Les propos de Potanine offrent aux décideurs une lecture claire des défis à venir : stabiliser le flux d'investissements, gérer la pression fiscale sans étouffer la compétitivité et naviguer dans un environnement sanctionné. Pour les investisseurs et les entreprises, la situation implique une vigilance accrue quant aux risques de liquidité et à la capacité de résilience face à des politiques budgétaires plus contraignantes.