Vivian Uwakwe : pourquoi la littérature jeunesse africaine doit viser l'excellence internationale

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Vivian Uwakwe : pourquoi la littérature jeunesse africaine doit viser l'excellence internationale

Face à une offre éditoriale souvent dominée par des références étrangères, l'auteure et illustratrice nigériane Vivian Uwakwe appelle à une transformation profonde du secteur du livre pour la jeunesse. À travers sa maison d'édition Yanga Toons, elle défend une production locale exigeante, capable de refléter l'identité africaine tout en répondant aux standards de qualité internationaux.

L'impératif de la représentation culturelle

Pour Vivian Uwakwe, la lecture est un levier fondamental de construction de soi. Elle souligne que l'omniprésence de personnages et de décors étrangers dans les livres scolaires peut induire chez l'enfant un sentiment d'infériorité culturelle. En intégrant des récits ancrés dans le patrimoine africain, les auteurs permettent aux jeunes lecteurs de se sentir valorisés. Cette démarche ne consiste pas à s'enfermer dans le folklore, mais à utiliser des thématiques locales pour aborder des enjeux universels, favorisant ainsi l'empathie, la responsabilité et la réflexion critique chez l'enfant.

Exigence technique et compétitivité mondiale

L'éditrice insiste sur le fait que la qualité visuelle et éditoriale est indissociable de l'engagement des jeunes lecteurs, de plus en plus sollicités par les contenus numériques. Elle déplore le manque de rigueur technique de certains ouvrages produits localement, qu'il s'agisse de la qualité du papier, de la précision des illustrations ou de la relecture. Pour elle, un livre nigérian doit pouvoir être exposé fièrement aux côtés de titres internationaux. Cette quête d'excellence passe par une collaboration étroite avec des éditeurs et des imprimeurs locaux formés aux standards mondiaux.

Un écosystème à structurer

Le développement d'une littérature jeunesse robuste nécessite une implication collective. Vivian Uwakwe préconise une meilleure structuration du secteur, incluant des comités de lecture experts pour valider la pertinence pédagogique des ouvrages. Elle appelle également à une intervention accrue des entreprises privées via leurs programmes de responsabilité sociétale (RSE). En finançant des livres traitant de thématiques liées à leur cœur de métier — comme l'hygiène, l'ingénierie ou la conservation environnementale — les entreprises pourraient combler le fossé d'accès aux livres entre les écoles publiques et privées, tout en soutenant durablement les créateurs locaux.

L'école comme espace de rencontre

Au-delà de la production, l'auteure souligne l'importance des rencontres entre les créateurs et les élèves. Ces échanges permettent de démystifier le métier d'écrivain et d'illustrateur, transformant l'acte de lire en une expérience vivante. En encourageant les visites d'auteurs dans les établissements scolaires, le système éducatif pourrait stimuler la créativité des enfants et susciter de nouvelles vocations, faisant ainsi du livre un véritable moteur de développement intellectuel et culturel pour la nouvelle génération.

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