Les États-Unis pérennisent un dispositif controversé imposant des cautions financières aux voyageurs sénégalais et africains. Une mesure présentée comme anti-fraude, mais qui alourdit les conditions d’accès aux visas B-1/B-2.
Un programme pilote devenu permanent
À partir d’août 2026, les demandeurs de visas touristiques ou d’affaires (B-1/B-2) originaires du Sénégal et d’une cinquantaine d’autres pays, majoritairement africains, devront s’acquitter d’une caution financière pour obtenir leur document. Le montant, désormais fixe entre 10 000 et 20 000 dollars, remplace l’ancien système progressif où le seuil minimal de 5 000 dollars était supprimé. Cette somme, remboursable sous conditions strictes de respect des durées de séjour, vise officiellement à réduire les dépassements de séjour aux États-Unis.
Les autorités américaines justifient cette pérennisation par les résultats du programme pilote, lancé en 2023. Selon leurs chiffres, près de 45 500 visiteurs issus des pays concernés auraient dépassé la durée autorisée en 2024, contre moins de cinquante cas recensés pendant les dix premiers mois du dispositif expérimental. Un argument contesté par les défenseurs des migrants, qui dénoncent une mesure disproportionnée pour des populations aux revenus modestes.
Conséquences économiques et sociales pour les voyageurs
Les répercussions de cette réforme sont déjà visibles. Initialement, les autorités américaines estimaient que seulement 2 000 demandeurs seraient concernés par la caution. Pourtant, près de 20 000 personnes ont été soumises à cette exigence, dont la moitié a finalement renoncé à payer. Résultat : une chute de 83 % du nombre de visas touristiques et d’affaires délivrés aux ressortissants des pays listés. Pour les Sénégalais, cette contrainte financière supplémentaire pourrait freiner les projets de voyage, qu’ils soient familiaux, éducatifs ou professionnels.
Le département d’État précise que d’autres pays pourraient rejoindre la liste des nations concernées, en fonction des données de dépassement de séjour sur les douze derniers mois. Une décision laissée à l’appréciation des agents consulaires, renforçant l’incertitude pour les candidats. Face à cette mesure, les critiques soulignent le risque d’une exclusion accrue des voyageurs africains, déjà confrontés à des procédures administratives complexes et coûteuses.