Un entraîneur de football à Dakar, accusé de viols répétés sur des mineurs de 11 et 12 ans, a été arrêté après avoir tenté d’étouffer l’affaire par des excuses et des manipulations. Les auditions révèlent un système de terreur imposé aux victimes, tandis que les autorités cherchent à identifier d’autres enfants potentiellement concernés.
Un réseau de violence et de silence
Abdoul Aziz Babou, 45 ans, encadrant une école de football au stade municipal des Maristes, a été arrêté par les gendarmes avant d’être déféré au parquet de Dakar. Les charges retenues contre lui sont lourdes : viols répétés sur mineurs, détournement de mineurs et actes contre nature. Selon les auditions, ses agissements remontent à au moins un an, bien qu’il n’ait aucune qualification pour encadrer des enfants. Ancien vendeur d’eau fraîche au stade, il a exploité sa position pour imposer un climat de peur aux victimes, âgées de 11 et 12 ans, les contraignant au silence.
Les témoignages recueillis lors des auditions sont accablants. Les enfants, contraints de se taire sous peine de représailles, décrivent comment Babou les menaçait après ses actes. « Après ses actes contre nature, il nous ordonnait de rentrer tranquillement. Et nous le revoyions ensuite le matin », a confié l’une des victimes, S.M., révélant la terreur qui l’habitait à l’idée que sa mère découvre ces « faits honteux ».
Une tentative d’étouffement de l’affaire
Le père d’une des victimes, A.T., a joué un rôle clé dans la révélation des faits. Après avoir été informé par son fils, il a contacté Babou, qui a d’abord minimisé les accusations avant de proposer une consultation médicale, puis de présenter des excuses. « Quand mon fils m’a informé, je l’ai appelé au téléphone. Abdoul Aziz Babou m’a dit que c’était des accusations très graves ; ensuite il m’a dit d’aller voir un médecin », a-t-il expliqué. Dans la soirée, Babou a rappelé pour s’excuser, sans pour autant reconnaître les faits. Pourtant, ces tentatives de manipulation n’ont fait que confirmer les soupçons.
Les autorités, qui ont ouvert une information judiciaire, cherchent désormais à identifier d’autres victimes potentielles. Babou, qui a également été accusé de « contempler » les pensionnaires lors de leurs douches sous prétexte de « vérifications », reste en détention en attendant son procès. Cette affaire soulève des questions sur les mécanismes de contrôle des encadrants sportifs et la protection des mineurs dans les structures éducatives informelles.