Depuis fin juillet, l’enclave espagnole de Ceuta est le théâtre d’une vague de violences sexuelles ciblant des migrantes, souvent mineures. Quinze cas, dont plusieurs viols, ont été recensés en trois semaines, selon les autorités et les victimes.
Des agressions systématiques dans les zones de transit
Les violences surviennent principalement dans des espaces publics comme les plages ou les zones boisées, fréquentés par les migrants. Une femme de 28 ans, interrogée par des médias internationaux, décrit un climat de terreur : « Beaucoup de garçons essaient d’agresser les filles tous les soirs, parfois juste quand elles vont aux toilettes. Ils les suivent. » Selon le syndicat espagnol de police SUP, la majorité des victimes sont des mineures, et les agresseurs présumés seraient majoritairement des migrants marocains.
Trois affaires confirmées par la justice espagnole
Les autorités judiciaires de Ceuta ont officiellement enregistré trois cas d’agressions sexuelles impliquant des migrants marocains, dont deux concernent des mineures. L’une aurait été violée et contrainte à vendre de la drogue, tandis qu’une autre aurait subi des attouchements. Par ailleurs, les services médicaux espagnols ont pris en charge cinq femmes victimes de violences sexuelles depuis fin juillet.
Des chiffres qui divergent, une réponse politique absente
Les données varient selon les sources : le syndicat de police évoque quinze agressions de « gravité variable », tandis qu’un quotidien espagnol, El Mundo, recense dix agressions, dont cinq viols. Malgré ces signalements, les ministères espagnols de l’Intérieur, des Migrations et de l’Égalité n’ont pas réagi publiquement aux allégations de violences et de menaces. Cette absence de communication officielle alimente les tensions dans une région déjà sous haute pression migratoire.
Un contexte migratoire explosif et des risques systémiques
Ceuta, enclave espagnole au Maroc, accueille depuis des mois un afflux massif de migrants, dépassant les 70 000 personnes depuis le début de l’année. Cette saturation des structures d’accueil et l’absence de solutions durables créent un terreau propice aux violences, notamment contre les femmes les plus vulnérables. Les associations locales dénoncent un manque de protection et appellent à des mesures urgentes pour sécuriser les zones de transit et garantir l’accès à la justice pour les victimes.