Le climat politique dans l'État de Kaduna, au Nigeria, s'est brutalement dégradé suite à des affrontements entre les partisans du Congrès des progressistes (APC), au pouvoir, et ceux du Congrès démocratique africain (ADC). Ces violences, marquées par des destructions matérielles et des agressions, font craindre une montée des tensions à l'approche des échéances électorales de 2027.
Des incidents violents à Dakande et Maraban Jos
Les tensions ont éclaté lors du retour du candidat au poste de gouverneur de l'ADC, Isa Ashiru, après un séjour à l'étranger. Selon Manasseh Istifanus, candidat de l'ADC à l'Assemblée de l'État, des militants rassemblés pacifiquement au péage de Dakande auraient été pris à partie par des individus armés. Parallèlement, des membres du parti ont rapporté des attaques ciblées contre des véhicules stationnés à Maraban Jos, où des hommes circulant en convoi auraient délibérément vandalisé les voitures des sympathisants de l'opposition.
Destructions matérielles et accusations croisées
Au-delà des agressions physiques, le paysage urbain de Kaduna porte les stigmates de ces affrontements. Des affiches et des banderoles de campagne, incluant celles à l'effigie du président Bola Tinubu et du gouverneur Uba Sani, ont été détruites. L'ADC a publiquement dénoncé ces actes, qualifiant les violences d'atteinte aux libertés démocratiques fondamentales. De son côté, l'APC a fermement réfuté ces accusations, affirmant que ses propres locaux et ses membres ont également été la cible d'intimidations et de vandalisme, tout en appelant ses troupes au calme.
Un appel à l'impartialité des forces de sécurité
Face à la gravité des faits, les deux formations politiques ont exhorté les agences de sécurité à mener des enquêtes rigoureuses pour identifier les responsables. L'APC a insisté sur la nécessité de privilégier l'État de droit, soulignant que la stabilité de l'État de Kaduna ne doit pas être sacrifiée sur l'autel de la compétition électorale. À ce jour, aucune arrestation n'a été confirmée et les allégations des deux camps restent en attente d'une vérification indépendante.
L'enjeu de la stabilité électorale
Ces heurts interviennent dans un contexte de pré-campagne précoce pour 2027. Alors que le gouverneur sortant Uba Sani brigue un nouveau mandat, l'opposition cherche à remobiliser ses bases. Les autorités locales et les observateurs s'inquiètent de voir ces tensions réactiver des clivages politiques, ethniques ou religieux que l'État s'efforçait de dépasser. La capacité des forces de l'ordre à garantir un espace de débat serein sera déterminante pour éviter une escalade dans les mois à venir.