Des agriculteurs du quartier Emu‑Ebendo, dans le LGA de Ndokwa West (Delta), vivent désormais leurs déplacements vers les champs sous la menace d’attaques supposées de pasteurs armés, deux incidents récents ayant fait brûler un tricycle de transport et blessé gravement un tapiteur de caoutchouc.
Une première agression : le tricycle incendié
Selon le président du groupe de vigilance locale, Fidelis Ikosa, un cultivateur transportait de la manioc sur son « keke » (tricycle cargo) lorsqu’il a aperçu un groupe d’hommes armés surgissant de la brousse. Les hommes l’auraient poursuivi, l’obligeant à quitter le véhicule. Avant que les vigiles n’arrivent sur les lieux, le tricycle était déjà en feu. Les habitants ont puisé de l’eau dans une mare voisine pour éteindre les flammes, mais l’incident a laissé la communauté sous le choc et inquiète quant à la sécurité de leurs trajets quotidiens.
Attaque contre un tapiteur de caoutchouc : le témoignage de John Ogoro
Le 14 septembre 2026, John Ogoro, tapiteur de caoutchouc, se rendait avec son fils de 12 ans à sa plantation pour vérifier le niveau des inondations. En revenant, ils ont été interceptés par deux hommes qui les ont menacés d’armes à feu, les accusant d’avoir tué leurs vaches. Après que les agresseurs aient appelé deux complices, le groupe est passé à quatre. L’un d’eux a envisagé d’utiliser une machette, mais a finalement opté pour le fusil, craignant que le bruit d’une lame alerte les riverains. Ogoro a tenté de fuir, mais a été touché au visage et à la main. Un passant l’a trouvé et l’a transporté à Kwale, où il a été pris en charge par les services de santé après l’intervention de la police.
Réactions institutionnelles et appel à la loi anti‑pâturage ouvert
Le coordinateur du Delta State Livestock Management Committee, Matthew Ujene, a été alerté dès l’arrivée d’Ogoro à l’hôpital. Il a souligné que d’autres villages du même LGA – notamment Amorji et Ikonicha – connaissent des conflits similaires entre éleveurs et agriculteurs. Ujene a réitéré la nécessité d’appliquer pleinement la loi de l’État contre le pâturage ouvert, jugée essentielle pour prévenir de nouvelles violences. Le porte‑parole de la police d’État, Bright Edafe, a confirmé l’incident, précisant toutefois que la victime n’avait pas été « tirée » mais « assautée », les blessures étant le résultat d’un coup à la tête.
Conséquences pour la communauté agricole
Ces épisodes renforcent le sentiment d’insécurité parmi les agriculteurs d’Emu‑Ebendo, qui voient leurs activités menacées par la crainte d’être attaqués en se rendant aux champs. La dépendance de la communauté à l’agriculture, notamment la culture du manioc et la production de caoutchouc, rend chaque interruption potentiellement lourde de conséquences économiques et sociales. Les autorités locales sont désormais sous pression pour accélérer les mesures de sécurité et assurer le respect du cadre législatif visant à réguler les déplacements des troupeaux.