Le 24 et 25 octobre 2024, plusieurs journalistes ont été brutalement expulsés du congrès du Rassemblement national à Orléans, déclenchant une vive polémique sur la protection des reporters et le respect du droit d’information en France.
Une série d’agressions ciblées contre Mediapart
Lors de la première journée du rassemblement, quatre reporters de Mediapart ont été interpellés par le service d’ordre du parti. Sous les cris de la foule et les slogans « dehors Mediapart », l’un d’eux a été ceinturé, traîné dans un escalier et empêché de filmer. Un autre a été saisi au col, à moitié étranglé, avant d’être violemment repoussé. Les deux derniers ont été plaqués contre un mur dès leur sortie de la salle. Le service de presse du RN, alerté, a présenté des excuses et a autorisé les journalistes à regagner le site.
Escalade le lendemain : l’intervention du service d’ordre
Le 25 octobre, un autre reporter de Mediapart, qui filmait une manifestation de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), a été évacué de force. Un agent de sécurité l’a poussé dans un escalier tandis qu’une militante du parti lui criait « rentrer au bled ». Face à l’insécurité ressentie, la rédaction de Mediapart a demandé à ses équipes de quitter le congrès. Cette nouvelle escalade a renforcé les inquiétudes quant à la capacité du parti à garantir la sécurité des médias présents.
Un incident similaire pour un journaliste de Politis
Parallèlement, un journaliste de Politis, qui couvrait la même action de l’UEJF, a été interpellé par deux membres du public. Au cours d’une bousculade, sa main a été frappée, son téléphone arraché et jeté au sol. Après avoir réclamé le retour de l’appareil au service d’ordre, il a été ceinturé et mis à la porte. Une vidéo récupérée sur son téléphone montre deux personnes demandant à qui appartient le téléphone, avec la phrase « C’est à un journaliste. Casse‑le » audible en arrière‑plan.
Réactions politiques et appel à la défense du pluralisme
Marine Le Pen a présenté le congrès comme le lancement officiel de sa campagne présidentielle. Face aux violences subies, les organisations de défense de la liberté de la presse ont dénoncé ces faits comme une atteinte inacceptable aux principes d’un État de droit. Elles rappellent que, quel que soit le parti, les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier sans crainte d’être physiquement expulsés ou malmenés.
Enjeux pour la démocratie française
Ces incidents relancent le débat sur la responsabilité des organisateurs d’événements politiques en matière de sécurité des médias. Ils soulignent également la nécessité d’un encadrement plus strict des services d’ordre lors de rassemblements publics, afin de prévenir toute forme d’intimidation. Le respect du droit d’information demeure un pilier de la démocratie, et les récents faits au congrès du RN illustrent les tensions persistantes entre acteurs politiques et liberté de la presse en France.