Le 14 octobre, la capitale albanaise a connu une nouvelle vague de violences alors que des centaines d'étudiants et de manifestants ont de nouveau convergé vers le centre de Tirana pour réclamer la démission du Premier ministre Edi Rama. Les forces de l'ordre, équipées de canons à eau et de gaz lacrymogène, ont été confrontées à des jets de pierres, des cocktails Molotov et des incendies ciblant plusieurs bâtiments publics et commerces.
Escalade des affrontements le 14 octobre
Aux abords du ministère de l'Éducation, les manifestants ont érigé des barricades, lancé des pavés et allumé des poubelles, provoquant d'importantes fumées noires. La police a réagi avec des jets d'eau à haute pression et des grenades lacrymogènes, mais les projectiles continuent de fuser, blessant plusieurs agents et des passants. Au total, huit manifestants, six policiers, trois journalistes et deux civils ont reçu des soins, principalement pour exposition au gaz lacrymogène.
Cibles symboliques : ministères, bureau du Premier ministre et commerces
Après avoir tenté de pénétrer le ministère de l'Éducation, une partie de la foule s'est dirigée vers le ministère des Finances, où des portes ont été enfoncées et des manifestants ont brièvement pénétré les locaux. Le même groupe a ensuite visé le bâtiment du Premier ministre, jetant des pierres contre les fenêtres. Des vitrines de boutiques et une agence bancaire ont également été brisées et incendiées, les flammes étant maîtrisées rapidement par les pompiers.
Réactions institutionnelles et inquiétudes de l'UE
La police a annoncé seize arrestations supplémentaires le mardi précédent et a appelé à la retenue, sans succès. La délégation de l'Union européenne à Tirana a exprimé sa préoccupation face à l'usage « excessif » de la force par les forces de l'ordre et a demandé une enquête indépendante, tout en exhortant les parties à désamorcer la tension. Le ministère de la Santé a confirmé le nombre de blessés et a rappelé que les services médicaux restent mobilisés pour les victimes des deux jours de troubles.
Contexte des protestations étudiantes
Ces affrontements s'inscrivent dans une série de manifestations qui durent depuis plus de quatre mois, initialement déclenchées par la construction d'un hôtel de luxe dans une réserve naturelle côtière, projet lié à la famille Trump‑Kushner. Les étudiants ont élargi leurs revendications pour dénoncer le coût élevé des frais de scolarité, le manque de soutien financier et la perception de corruption au sein du gouvernement. Le mouvement, surnommé les « flamants roses », a ainsi élargi son spectre, mêlant enjeux environnementaux, éducatifs et politiques.