Un conflit entre un éleveur et une agricultrice à Diender, dans la région de Thiès, a donné lieu à un procès devant le tribunal des flagrants délits. L’affaire oppose un berger, poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de 60 jours, ainsi que pour détention illégale d’arme.
Selon les éléments présentés à l’audience, l’incident serait survenu après que les bœufs du berger aient pénétré dans le champ de la plaignante et dévoré ses oignons. Plusieurs demandes de réparation auraient été formulées sans succès, avant que la victime ne s’approche du prévenu. Ce dernier aurait alors brandi une machette, déclenchant les violences.
La plaignante a témoigné devant le tribunal, affirmant que le berger aurait tenté de frapper son fils avant de la blesser à la main gauche. Elle a indiqué que trois de ses doigts avaient nécessité une intervention chirurgicale, l’un d’eux ayant été amputé. Son récit a été contredit par le prévenu, qui a nié toute responsabilité dans les dégâts causés par ses animaux. Il a soutenu que la victime se serait blessée accidentellement en tentant de saisir la machette.
L’affaire a révélé des divergences sur la qualification juridique des faits. L’avocat de la partie civile a estimé que l’amputation subie par la victime justifiait une requalification du dossier en matière criminelle, demandant le dessaisissement du tribunal correctionnel au profit d’une juridiction compétente. Il a également réclamé une indemnisation de 10 millions de FCFA. Le parquet, en revanche, a contesté cette exception d’incompétence et a requis une peine de deux ans de prison ferme pour coups et blessures volontaires ainsi que pour détention illégale d’arme.
La défense a plaidé l’absence d’intention de blesser, qualifiant les blessures de purement accidentelles. Elle a contesté les circonstances aggravantes avancées par la partie civile, soulignant que les faits ne relevaient pas du droit pénal criminel.
Le tribunal a finalement mis l’affaire en délibéré, sans rendre de décision immédiate. Cette affaire illustre les tensions récurrentes entre éleveurs et agriculteurs dans certaines régions, où les conflits liés à l’accès aux terres et aux ressources agricoles peuvent dégénérer en violences.