Viol présumé à Mbour : 15 ans requis contre un chauffeur

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 34 lectures
Viol présumé à Mbour : 15 ans requis contre un chauffeur

Un chauffeur de Mbour, en détention préventive depuis juin 2022, a comparu devant la Chambre criminelle pour un viol présumé commis sur une jeune femme de 21 ans présentant une déficience mentale. L’accusé, qui nie les faits, soutient avoir eu des relations consenties avec la plaignante, une version contestée par le ministère public et les déclarations de la victime présumée.

Une affaire remontant à 2022

Les faits se seraient déroulés au lendemain de la fête de Korité, en juin 2022, dans le quartier Liberté de Mbour. Selon les éléments du dossier, la jeune femme, désignée par les initiales M. Sy, aurait frappé à la porte de la chambre du chauffeur vers sept heures du matin. Leur concession respective était mitoyenne. Une fois la porte refermée, des rapports sexuels auraient eu lieu avant que la jeune femme ne regagne le domicile familial.

Une semaine plus tard, une altercation aurait opposé l’accusé à la jeune femme dans sa chambre. Après avoir été libérée, M. Sy aurait raconté à sa mère avoir été violée par leur voisin. L’information s’est ensuite rapidement répandue dans le quartier, poussant la mère de la victime présumée à envisager de déposer une plainte au commissariat de Diamaguène. Le chauffeur aurait alors pris les devants en portant plainte pour diffamation.

Le retournement de situation

Cette démarche s’est retournée contre lui. L’ouverture de l’enquête a conduit les policiers à examiner les accusations de viol formulées par M. Sy. Le chauffeur est passé du statut de plaignant à celui de suspect, avant d’être arrêté et placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour.

Des versions contradictoires

Devant la Chambre criminelle, l’accusé a maintenu sa version des faits. Il affirme que la jeune femme lui aurait fait des avances et l’aurait contraint à avoir des relations sexuelles, niant toute violence. Il soutient également qu’elle serait revenue le lendemain matin pour solliciter une nouvelle relation, demande qu’il dit avoir refusée. Le chauffeur conteste par ailleurs l’existence des troubles mentaux attribués à la victime présumée.

Le récit de la plaignante, recueilli durant l’enquête et versé au dossier, présente une version radicalement différente. Elle aurait affirmé qu’A. Diop l’avait appelée sous prétexte de lui demander d’effectuer une course. Une fois dans la chambre, il aurait fermé la porte, l’aurait contrainte à avoir des rapports sexuels et l’aurait menacée de mort si elle révélait les faits à sa mère.

Une décision attendue en 2026

Pour le procureur, les éléments du dossier ne laissent pas de doute sur la responsabilité de l’accusé. Le représentant du ministère public a estimé que l’accusé savait que la jeune femme ne disposait pas de toutes ses facultés mentales lorsqu’il l’a entraînée dans sa chambre. Il a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle. La décision de la Chambre criminelle est attendue le 21 août 2026. Dans l’attente du verdict, l’accusé reste présumé innocent.

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