Un collectif de vingt-quatre organisations de la société civile congolaise a officiellement interpellé le chef de l'État le 8 octobre 2026 concernant la dégradation environnementale du parc national de l'Upemba. Ces acteurs exigent la suspension immédiate des activités d'exploration et d'exploitation minières qui menacent l'intégrité de cette aire protégée située au sud du pays.
Une biodiversité sous pression
Le parc national de l'Upemba, qui s'étend sur les provinces du Lualaba, du Haut-Katanga et du Haut-Lomami, constitue un sanctuaire écologique majeur. Il abrite des populations d'espèces emblématiques et menacées, notamment des éléphants de savane, des buffles, des zèbres et des girafes, ainsi qu'une riche biodiversité aquatique comptant plus de 200 espèces. Selon les organisations signataires, la présence d'engins lourds et d'infrastructures dédiées à l'extraction de l'or et du coltan compromet gravement cet écosystème.
Risques de pollution et déforestation
Au-delà de la destruction physique des habitats, les défenseurs de l'environnement alertent sur les conséquences chimiques de l'activité minière. L'utilisation de substances toxiques pour le traitement des minerais fait peser une menace directe sur les cours d'eau du parc. Bantu Lukambo, membre de la coalition, souligne que la pollution et le tarissement potentiel des rivières pourraient entraîner des dommages irréversibles sur la faune et la flore endémiques, rendant la survie des espèces phares de la réserve extrêmement précaire.
Divergences sur la gestion du site
Face à ces accusations, la direction du parc apporte une nuance quant à l'étendue des activités. Antonio Longangi, chargé de communication de l'institution, précise que les opérations minières signalées se concentrent principalement dans les zones périphériques et non au cœur même de l'aire protégée. Il assure par ailleurs qu'un plan d'aménagement et de gestion est actuellement en cours de déploiement pour contrer les pressions anthropiques. Malgré ces mesures, la société civile maintient sa position et réclame un renforcement drastique des dispositifs de protection pour garantir la pérennité du parc.